Michel Houellebecq, La Carte et le territoire, Flammarion
On aime ou on n’aime pas. Mais on ne peut pas ignorer que, livre après livre, Houellebecq bâtit une œuvre qui a peu d’équivalent dans le panorama littéraire français. Après La Possibilité d’une île, qui eut le succès que l’on sait et qui était son roman le plus ambitieux, La Carte et le territoire est à nouveau un choc. Cette histoire d’un artiste plasticien contemporain qui peint Michel Houellebecq (l’auteur se met ici en scène avec un mélange assez rare d’ironie et de tendresse) et se trouve confronté à la maladie de son père devrait toucher un public plus large encore. Il n’est pas anodin que Houellebecq soit pour une fois assez sobre sur la question sexuelle. Dans ce livre en effet, même si le regard sur la société est toujours aussi acéré, l’acidité fait place à quelque chose de nouveau : l’acceptation plus simple de sa propre tristesse, une compassion qui était auparavant enfouie, par rapport à soi et aux autres, d’une pudeur absolue, mais qui donne à ce livre une humanité touchante. J’ai été très ému en le lisant,
comme jamais par Houellebecq que je porte pourtant aux nues. Et c’est sous le regard de cette émotion que je repense à toute l’œuvre qui prend une dimension nouvelle. Houellebecq, on le sait, est depuis toujours, à sa manière – naturaliste-, un vrai moraliste. Il nous montre aussi qu’il pourrait bien être l’un des derniers humanistes. D’accord ou pas ? A vous de lire et de vous exprimer !
François Maillot




Cet ouvrage magistral suscite l’admiration et la joie du lecteur par son érudition brillante, par sa méthode, par sa limpidité, par la sûreté de son jugement. Et évidemment d’abord par l’importance majeure de son sujet. Ne vous laissez pas intimider par la taille du livre, vous serez très vite emporté et récompensé au-delà de vos espérances dans votre connaissance des toutes premières années du christianisme. Sans compter qu’un index très utile facilite la consultation de l’ouvrage et que le livre procure une bibliographie impressionnante.
Un éloge de la vie de tous les jours : il fallait y penser. La chose va tellement de soi qu’on aurait pu l’oublier. La chose va si peu de soi que nul, peut-être, chemin faisant parmi les choses, les grandes choses, les grandes causes qui méritent évidemment l’éloge, n’aurait eu l’idée de s’atteler à une cause tellement perdue d’avance. Franz Bartelt a fait cet éloge, par bonheur : il était fait pour lui, lorsque l’on connaît la discrétion de sa personne, l’humilité de son parcours, la simplicité de son pays ardennais dont il fait état dès le début de son ouvrage, parce que la vie de tous les jours a besoin d’avoir les pieds sur terre : Ce qui est extraordinaire, dans nos pays, c’est qu’ils n’ont rien d’extraordinaire (…) Pas d’altitude, pas d’attitude (…) Pas d’attraction naturelles. Pas de pittoresque. Juste un pays (p. 9). Autrement dit toutes les conditions climatiques favorables pour l’éclosion d’un vrai regard, d’un grand regard, d’un bon regard. Oui, profondément bon. Comment ne trouverait-on pas éminemment sympathiques ces deux compères qui discutent jusqu’à plus soif, dans un buffet de gare, sur le « cuit » et le « pas cuit » (p. 112-117), ou encore ces promeneurs qui se chamaillent, jusqu’à plus soif, eux aussi, sur les mérites respectifs des vaches d’Aubenton et des vaches des Ardennes (p. 128-132) ? Comment celui qui voit et entend tout cela ne serait-il pas « sympathique » au sens le plus chaleureux et le plus profond du terme ?



Généalogie, quand tu nous tiens ! Vorace de notre temps et de notre patience. Ils se reconnaîtront, nombreux, ceux et celles qui ont ouvert un jour la boîte de Pandore des vieux grimoires… On peut dire que ce livre de Chantal Rodet a été écrit pour eux !




