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Tugdual Derville, Le temps de l’homme

Tugdual Derville présente son livre Le temps de l’homme : pour une révolution de l’écologie humaine paru aux éditions Plon.

Tugdual Derville : Jeudi La Procure

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Les maraudeurs, de Tom Cooper

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Après avoir vécu l’ouragan Katrina, la Louisiane subit une nouvelle catastrophe écologique avec une marée noire. Nous sommes à Jeannette, un petit port de pêche du sud de la région, dans le pays cajun. Les marécages absorbent le pétrole qui englue la flore et la faune. Des odeurs de mazout portées par le vent imprègnent le bayou. Y vivent des pêcheurs dont c’est le métier de père en fils mais le désastre écologique les fait travailler à perte. Les richesses du pays sont sacrifiées : les crevettes ne font plus recette. On leur préfère celles provenant de Chine.

C’est dans ce bayou, théâtre de fin de monde, dans un bled perdu, que vont se jouer les vies de personnages hauts en couleurs et prêts à tout. Une chasse au trésor trop près d’une île au cannabis agite des hommes sans foi ni loi, des illuminés et des paumés. On peut se demander, dans ce dédale mystérieux, ces marécages au décor mouvant, qui est le plus dangereux. Des hommes prêts à tuer, ou les eaux regorgeant de corps lisses et glissants ? C’est tout un monde qui vit dans ces lieux où ne bruissent que les oiseaux, les insectes et les créatures serpentines. On ne sait jamais ce qui se cache derrière cette végétation, abondante et riche : bosquets de pins odorants, chèvrefeuille, cyprès, nénuphars et jacinthes violettes. Peut-être un homme armé, ou bien la silhouette reptilienne d’un alligator.

Tom Cooper restitue avec justesse et générosité la beauté inouïe des lieux pourtant atrophiés. Une nature sauvage forme l’élément central du livre et domine la folie des hommes. Toute l’originalité du roman repose sur le rythme trépident de l’intrigue et la drôlerie des personnages sans oublier l’émotion et la compassion que suscitent ceux qui portent l’espoir. Ce jeune auteur signe ici le grand roman du bayou, inoubliable.

Marie Joseph Biziou

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Tom Cooper, Les maraudeurs, Albin Michel

Les obus jouaient à pigeon vole, de Raphaël Jerusalmy

Les-obus-jouaient-à-pigeon-voleDes musettes bleues des casques bleus
des cravates bleues des vareuses bleues
Morceaux du ciel tissus des souvenirs
les plus purs

Apollinaire, « Le palais du tonnerre », Lueurs des tirs, Calligrammes

 

J’ai beaucoup lu ces derniers temps sur la guerre de 14-18. Anniversaire oblige.

Je voulais surtout en savoir plus sur la mort d’un grand oncle tombé au champ d’honneur en juillet 18 avec ses tirailleurs sénégalais, lors de la Grande Offensive…, mais aussi, comprendre cette tragédie de la bataille de la Somme qui s’était enlisée dans la boue des mémoires. Alors j’ai continué à lire…

Un certain mardi de juin dernier, il m’est passé entre les mains cet excellent livre : « Les obus jouaient à pigeon vole » de Raphaël Jerusalmy.

C’est l’histoire d’une journée, celle du 17 mars 1916. Une journée fatale pour Guillaume Apollinaire qui reçoit un éclat d’obus dans la tempe.

L’auteur romance habilement ce compte à rebours décisif. Heure après heure, l’impact de la déflagration se rapprochant… Vingt-quatre heures en vingt-quatre chapitres denses et magnifiques. Quel huis-clos que celui du quotidien de ces poilus : leurs occupations, leurs attentes, leurs états d’âme (comme s’il pouvait encore en avoir) Quelques compagnons, cinq, six… Là, au milieu de ces champs de désespoir. Apollinaire écrit, ou tente d’écrire, les plus beaux vers, enfin, ceux qu’il souhaiterait écrire.

« Dans sa tête un début de strophe danse la ronde. Les mots se tiennent la main et puis la lâchent, sortant du cercle, y revenant, invitant d’autres à y entrer. Qui se tiennent timides, indécis sur le côté. Les quadrilles se font, se défont, se reforment. (…)

C’est le meilleur moment. Le plus beau. Ces fautes de pas, ces variations maladroites, ces demi-pointes. Quand le poème balbutie encore. Toute cette dérive. 

La phrase flotte. Elle ondule, elle frétille.»

 

La séduction de ce livre se trouve aux confluents de la trame historique et de l’écriture : La vie de ces hommes est racontée avec une véritable finesse d’écriture.

L’auteur contracte temporellement une situation qui pourrait s’imaginer comme un spectacle de théâtre. Côté cour, côté français – côté jardin, côté allemand. La scène serait ce terrain miné, retourné par les obus, creusé par les tranchées… Oui, nous sommes en pleine guerre et l’implacable se déroule sous nos yeux, bien que l’attente soit longue, baignée de peur face à ce qui va arriver, terrible et mortifère.

On aime ce livre pour ces phrases taillées à la serpe et bien écrites, ces chapitres courts et denses, cette poésie du verbe qui ne tombe jamais dans le verbiage, cette concentration à chaque instant sur l’essentiel. Le fil de cette histoire est somme toute banale, mais pourtant tellement unique.

Apollinaire est là. Crayon en main.

« Ah, si la guerre pouvait au moins servir à ça! À écrire chaque ligne comme si elle était la dernière. À ne plus penser au prochain poème alors qu’on n’a même pas fini celui en cours. Et qu’on le finira sans doute jamais. Rien n’y oblige. En temps de paix. »

Chance pour nous de devenir, pendant quelques pages, un de ses compagnons d’armes.

 Lorsque l’on repose ce livre, ce récit vous laisse le sentiment d’avoir vécu, durant deux heures, un « grand »moment !

Dominique Fournier
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L’Esprit des Lettres

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire

Le coup de coeur


Peter Brown, Le Prix du Salut : les chrétiens, l’argent et l’au-delà en Occident (IIIe-VIIe siècle)

L’auteur du mois


Christine Pellistrandi

Le Prix du livre de spiritualité 2016

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Le Prix du livre de spiritualité Panorama La Procure a été remis à Anne Lécu pour son livre Tu as couvert ma honte aux éditions du Cerf. Le Prix spécial du jury a été décerné à Jean-Pierre Lemaire pour son livre Le pays derrière les larmes chez Gallimard.