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Chesterton, le retour du génie des paradoxes

La réédition des deux essais majeurs d’un des plus grands écrivains catholiques du XXe siècle, Gilbert Keith Chesterton, est un événement. Retraduits, Hérétiques et Orthodoxie, respectivement publiés en 1905 et 1908, trouveront aujourd’hui leurs lecteurs. Chesterton, alors pas encore converti, a montré dans ce dytique combien la pensée moderne peut être analysée comme une hérésie du christianisme et comment elle peut être dépassée avec un art inouï du paradoxe qui mène vers le secret de la joie. Lire Chesterton, c’est ouvrir en grand les fenêtres des petits deux pièces de la pensée en boîte pour respirer l’air vivifiant des idées maîtresses.

François Maillot

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Le neuvième jour de Volker Schlöndorff

Il est rare de voir un film comme Le neuvième jour de Volker Schlöndorff. Le grand réalisateur allemand, auteur du fameux Tambour, qui partagea naguère la palme d’or à Cannes avec Apocalypse now de Coppola, livre encore ici un chef d’œuvre. Sur le thème du nazisme, il s’agit d’un film sans complaisance, sans effets. Quant au thème, le destin d’un prêtre prisonnier à Dachau, il est rarement bien traité au cinéma. Ici tout est parfait : les discussions théologiques, la visée liturgique et eucharistique, la position de Pie XII face au nazisme. Ce film, on se demande pourquoi, n’est jamais sorti en France sur les écrans. Il sort enfin en dvd et la Procure le soutient. Parce que c’est un grand film. Parce que c’est un film qui dit la vérité sur la position chrétienne face à un des drames de notre histoire. Parce que c’est un film qui va au cœur de la tragédie de la condition humaine, incompréhensible sans la vie, la mort et la Résurrection de ce juif nommé Jésus, le Verbe de Dieu incarné.

François Maillot

Albert Rouet : prix des lecteurs de La Procure

A partir de questions importantes relatives à la vie de l’Eglise, l’évêque de Poitiers s’est confié à un théologien et ami, D. Gira, pour évoquer les vrais questions auxquelles tous les baptisés sont confrontés : la foi aujourd’hui, la vie et l’identité chrétienne, les sacrements au service de l’Eglise, la morale et les questions éthiques.

Quel beau livre ! Quel livre utile ! Au moment de quitter l’archevêché de Poitiers à l’âge prévu pour les évêques, Mgr Albert Rouet nous livre son expérience et ce qui lui paraît essentiel, après de longues années de responsabilité, en toute profondeur, en toute liberté. On sort grandi de cette rencontre.

Cristoph Theobald : Vous avez dit vocation ?

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« Portrait d’auteur » : le Père Jean-Yves Calvez

Le portrait d’aujourd’hui est un hommage d’admiration et de gratitude à un jésuite qui vient de mourir après une vie de service hors du commun, le Père Jean-Yves Calvez.

Je choisis cinq livres qui jalonnent les axes principaux de son action.

D’abord La pensée de Karl Marx (Seuil). Ce livre de jeunesse s’est très vite imposé à tous comme l’ouvrage de référence sur le marxisme par son exactitude, sa rigueur, sa clarté. Et ce livre de 1956 est encore incontournable aujourd’hui sur cette question.

Très vite, le Père Calvez a été appelé à exercer des responsabilités importantes au sein de la Compagnie de Jésus jusqu’à être à Rome pendant douze ans l’un des quatre assistants du Supérieur Général. Il a consacré un livre au Père Arrupe (Cerf) auquel il a toujours témoigné un immense respect. Ce livre est important aujourd’hui pour qui veut comprendre avec justesse et avec justice l’Eglise de l’après-Concile Vatican II.

Troisième aspect, sans doute le plus central et comme le fil rouge du travail du Père Calvez, la réflexion sur les questions sociales, sur les relations internationales et le développement, sur la doctrine sociale de l’Eglise. Il a enseigné ces questions en France, aux Etats-Unis, en Argentine, en Asie. Les livres sont multiples. Retenons celui-ci, en trois volumes, Chrétiens penseurs du social (Cerf) [voir le vol.1, vol.2, vol.3] où il passe en revue l’apport des écrivains chrétiens dans ces domaines. Une présentation extrêmement pédagogique et éclairante.

C’est dans ce domaine que le Père Calvez a publié son dernier livre : un Guide de lecture de l’encyclique de Benoît XVI, L’amour dans la vérité (Atelier).

Le Père Calvez ne se mettait jamais en avant. Il a refusé toute distinction, tout doctorat honoris causa. Raison de plus pour souligner l’intérêt de ce petit livre Traversées jésuites, mémoires de France, de Rome, du monde (Cerf) où apparaît de façon éclatante que sa vision est toujours marquée par l’international et par l’universel.

Je termine en citant les propos dans La Croix du Père de Charentenay, Directeur de la revue Etudes (Le Père Calvez en fut aussi le directeur en son temps) :

« Il nous laisse une manière authentique d’être jésuite, un travail acharné, une très grande compétence et une vraie simplicité »

Jean-François Rod