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Etienne Perrot : Franc-parler en temps de crise

Etienne Perrot présente son nouveau livre « Franc-parler en temps de crise » paru chez Bayard dans la collection Christus.

Né en 1944 dans le Doubs, entre dans la Compagnie de Jésus en 1966, docteur es sciences économiques, professeur à l’École supérieure d’agriculture de Purpan de 1977 à 1988, membre du CERAS (Centre de Recherche et d’Actions sociale) de 1988 à 2001, professeur d’éthique économique à l’Institut catholique de Paris depuis 1988. Travaille à Genève pour la revue Choisir et collabore régulièrement aux revues Étvdes (Paris), Projet (La plaine Saint Denis) et Finance and Common Good (Genève).

Il a publié notamment
La séduction de l’argent, Desclée de Brouwer 1996
L’art de décider en situations complexes DDB Paris, 2007

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Sur le livre de Christoph Theobald « vous avez dit vocation »

Le site www.jésuites.com propose une intéressante introduction au dernier livre de Christoph Theobald sur la vocation, par Grégoire Le Bel, sj, qui est justement responsable du service Jésuite des Vocations.

Vous trouverez à la suite deux vidéos : une interview de l’auteur, ainsi qu’une chronique de Michel Cool tournée dans la librairie La Procure.

Lire la suite sur le site www.jésuites.com

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L’Eglise et la pédophilie, de Gérard Leclerc

Il fallait écrire ce livre. Face au choc que constitue la kyrielle de révélations atroces mettant en cause des prêtres catholiques dans des affaires de pédophilie, et au regard des attaques bien souvent malintentionnées et maniant l’amalgame qui ont cherché à discréditer l’institution, et même son chef, il fallait un discours qui fût à la fois sans aucune complaisance et courageux pour affronter la réalité mais également capable de discerner entre la légitime colère et le procès d’intention. Ce livre est donc arrivé et nous le devons à Gérard Leclerc, dont l’intégrité, la connaissance des dossiers ecclésiaux et la sureté de la pensée philosophique et théologique sont bien connues.
Ce livre ne minimise en rien le scandale qui secoue l’Eglise, ne cache rien de ce qu’il fait naître comme troubles et comme interrogations souvent désespérées. Mais, dossier à l’appui, il montre que l’Eglise ne saurait servir de bouc-émissaire commode dans une société en perte de valeurs et que Benoît XVI ne saurait moins encore être suspecté d’une quelconque indulgence coupable face à des faits qu’il dénonce sans relâche depuis des années et, qu’en tant que Pape, il a tenu à affronter sans les occulter. Il constitue une réponse sérieuse et décisive aux propos indéfendables d’un Hans Küng.
Ce petit livre sera indispensable à tous ceux qui veulent continuer à témoigner de leur foi chrétienne dans un environnement souvent hostile. Mais, plus encore, par sa hauteur de vue et l’équilibre de son propos, il est de nature à redonner courage aux catholiques meurtris et à leur rendre les moyens de continuer à aimer l’Eglise.

François Maillot

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Vous êtes sale … je peux tout vous dire, de Cécile Sales

Coup de cœur paru dans La Croix

Ce livre est passionnant et précieux. Il est rare d’être réellement introduit dans l’intimité concrète du cabinet d’une psychanalyste et d’être le témoin invité – bien qu’irrémédiablement extérieur – du déroulement de cures, loin des clichés et des préjugés. L’auteure, au terme de son activité professionnelle, réussit à nous faire percevoir combien la vérité de ces rudes chemins de libération est loin d’un fantasme de guérison rapide et facile. Elle met particulièrement en lumière la manière dont le travail de l’analysant affecte l’analyste et la conduit à prolonger sa propre démarche personnelle et théorique. La manière vive, précise, vibrante sans aucun pathos, dont l’auteure raconte sa propre histoire au début du livre illustre magnifiquement ce que peut produire l’expérience analytique.

Jean-François Rod

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Lucien Jaume : Qu’est-ce que l’esprit européen

Lucien Jaume présente ses nouveaux livres « Qu’est-ce que l’esprit européen » et « Les origines philosophiques du libéralisme » parus aux éditions Flammarion

Lucien Jaume est un universitaire français. Il enseigne la science politique à Sciences Po et a exercé des fonctions d’évaluateur auprès du ministère de la recherche en Italie et en France. Actuellement à l’AERES, il est membre de diverses revues en Europe (Italie, Espagne, Grande-Bretagne, France) et a publié ou dirigé dix livres : sur Hobbes, la représentation, le jacobinisme, le libéralisme, les sources de la pensée de Tocqueville. Ses recherches actuelles portent sur la formation d’un « sens commun européen », sur la fondation de la sociologie en France (moment Durkheim) et ses enjeux pour l’idéologie républicaine.

Voir les livres de Lucien Jaume sur laprocure.com

Matteo Ricci : 400e anniversaire de sa mort (1610-2010)

Pour mieux connaître l’œuvre du jésuite Matteo Ricci à l’occasion de cet anniversaire :

- la chronique de Bertrand Deschamp consacrée à Matteo Ricci [vidéo]

- une revue de presse sur le site www.jésuites.com

- une sélection de livres sur le site www.laprocure.com

Le site www.jésuites.com propose une large revue de presse du web, avec notamment un extrait du livre du cardinal Etchegaray Vers les chrétiens en Chine.

Enfin, La Procure a sélectionné des ouvrages pour approfondir le sujet.

Danube, roman fleuve de Claudio Magris

Un roman fleuve… Mais pas dans le sens péjoratif que l’on donne d’ordinaire à cette expression. Une grande œuvre italienne qui nous est accessible dans la belle traduction française de Jean et Marie-Noëlle Pastureau (il ne faut jamais oublier le rôle caché des traducteurs dans cette capacité que les livres acquièrent d’irriguer largement leur temps). Rappelons simplement que Claudio Magris est né à Trieste en 1939 et que Danube, dont la version originale est parue en 1986, reçut le prix du Meilleur livre étranger en 1990.

Roman fleuve, c’est-à-dire, en l’occurrence, roman du fleuve lui-même que l’auteur accompagne de sa source à son embouchure, chacun des lieux traversés devenant prétexte à la « captation » (comme on capte une source) d’une histoire événementielle, mais aussi d’une histoire littéraire de l’Europe, car le Danube a cette grâce – cette puissance particulière de constituer, du point de vue de la civilisation autant que de la géographie, un trait d’union sans pareil : Fleuve de la mélodie, l’appelait Hölderlin passant près de sa source ; langage profond et secret des dieux, route qui unissait l’Europe à l’Asie, l’Allemagne à la Grèce et le long de laquelle la poésie et le verbe, dans les temps légendaires, étaient remontés pour apporter le sens de l’être à l’Occident germanique (p. 21). Secrète et sous-entendue comme le fleuve lui-même (et comme l’est tout chef d’œuvre littéraire authentique, lequel ne déclare jamais son projet comme tel), l’œuvre s’érige donc insensiblement comme le symbole et l’agent d’une culture européenne en reconnaissance d’elle-même, en « récollection » d’elle-même. Et le fleuve est un trait d’union d’autant plus certain qu’il est un donné de nature, et que je ne sais quelle innocence s’attache à sa démesure même. L’œuvre est donc une promenade, mais une promenade sélective, une promenade « choisie », comme Verlaine parle de « paysage choisi ». Promenade à travers le paysage, à travers l’histoire à laquelle il fait perpétuellement allusion. Danube est en somme à la littérature de ce que La Moldau de Smetana est à l’expression musicale.

L’écriture sur le fleuve peut se lire également, en filigrane, comme une écriture sur l’écriture elle-même, le fleuve représentant une sorte de miroir de l’aventure littéraire. Cette clef d’interprétation est suggérée dès le début du livre en une phrase qui a valeur de confidence autant que de programme : L’écriture devrait couler, comme ces eaux parmi les herbes, mais cette fraîcheur jaillissante, timide et pourtant inépuisable, ce chant soumis et secret de la vie, c’est au regard profond et absorbé (…) qu’il ressemble, et non à l’aridité tourmentée de l’écriture, conduite d’eau dont l’installation est souvent défectueuse (p. 33).

Ce chant soumis et secret de la vie… Nous touchons ici sans doute à une autre dimension du livre encore, dimension dont l’affleurement est tout aussi délicat et pudique : la longue « biographie » du fleuve est le modèle selon lequel non seulement l’auteur appréhende sa propre vie, mais selon lequel il suggère d’appréhender la vie de tout homme – la vie tout court –, puisque aussi bien toute existence humaine, drainant de lointains alluvions, a quelque chose de fluvial. L’homme, peut-on dire en donnant à l’expression toute sa force symbolique, se tient « au courant » du fleuve. Est-ce un hasard si Magris fait un cas particulier de l’incertitude et de la trivialité qui s’attachent à l’origine de son héros ? Le fleuve ne commence en effet de se rendre identifiable que dans une gouttière, voire un simple robinet… Ce Danube qui est là et qui n’y est pas, qui naît de tant d’endroits et de tant de parents, nous rappelle que chacun d’entre nous, grâce à la trame complexe et secrète à laquelle il doit son existence, est un Noteentiendo (1), comme ces Pragois au nom allemand ou ces Viennois au nom tchèque. Mais ce soir, le long de ce fleuve qui l’été, nous dit-on, disparaît parfois, ce pas à côté du mien est aussi irréfutable que ce cours d’eau, et tandis que je suis sa cadence et la courbe des rives, je me connais peut-être enfin moi-même (p. 45-46). Si l’archéologie du fleuve est problématique, son eschatologie, à l’estuaire du livre, impose la même perspective de dépossession (une dépossession qui ressemble étrangement à une béatitude) : c’est dans la mer que le fleuve perd sa vie sans que personne ne puisse surprendre cet ultime embrassement, puisque la zone portuaire, sous la surveillance de la Capitainerie, est interdite aux personnes étrangères au service. C’est très exactement sur une prière empruntée au poète Biagio Marin que s’achève Danube : Fa che la morte mia, Signor, la sia comò l’scôre de un fiume in t’el mar grando (2) (p. 557).

Fluvial lui-même avec douceur, avec respect, avec considération pour ce qui, chemin faisant, s’avère être bien davantage que simple curiosité, Magris salue au passage et incorpore sciemment à sa matière, sans détruire jamais ses rives ni imposer à autrui le moindre débordement de lui-même, une culture aussi vaste que raffinée présidant ici avec lucidité au choix des affluents. D’autres ont dialogué avec les fleuves ou les ont fait parler, du poète latin Ausone à Guillaume Apollinaire. Sous le rapport d’une certaine capacité à drainer les alluvions de l’histoire humaine pour en faire un poème, d’un certain don tranquille de transversalité, Magris ne serait-il pas, étant bien entendue l’identité de sa propre écriture, de la même race qu’un Saint John-Perse ? Le fleuve de Magris est un fleuve de paix.

fr. François Cassingena-Trévedy, osb

(1) je-ne-te-comprends-pas.

(2) Fais, ô Seigneur, que j’entre dans la mort comme le fleuve se jette à la mer.

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Florence Eibl : L’homme, un animal comme les autres ?

Florence Eibl présente son nouveau livre : « L’homme, un animal comme les autres ? »

Florence Eibl est professeur de philosophie et journaliste. Sa réflexion porte particulièrement sur les relations de l’homme avec la nature. Elle anime des formations tout public sur les questions philosophiques liées à l’écologie.

Une citation pour la Pentecôte

La citation de la semaine

Demande l’Esprit et ta prière est complète.
Accueille l’Esprit et ta joie est parfaite.

Albert-Marie BESNARD, Propos intempestifs sur la prière

Le double jeu de Juan Martinez, de Manuel Chaves Nogales

Petrograd, mars 1917. Les derniers régiments fidèles au tsar tentent encore d’endiguer les émeutes ouvrières. Tout individu censé appartenir à la police est lynché au coin des rues. A l’ambassade d’Espagne, on prépare en hâte l’évacuation des ultimes ressortissants. Parmi eux, un nommé Juan Martinez, danseur de flamenco. Quand il apprend que le dernier bateau est pour le lendemain, il comprend que le piège s’est refermé : sa femme, Sole, est à Moscou, où ils habitent et travaillent depuis des mois… Et il n’y a plus de train de Moscou à Pétersbourg ! Ainsi commence pour le couple d’artistes, qui s’est produit dans mille et un cabarets et music-halls de Paris, d’Istanbul, de Bucarest et de Russie, une effarante odyssée qui ne prendra fin qu’en 1921…

C’est plus tard, à Paris, en 1934, qu’un journaliste, Manuel Chaves Nogales, recueillera et rédigera les souvenirs du danseur, originaire de Burgos. Quelle est la part, dans cet hallucinant récit, des déformations de la mémoire et de l’exceptionnel talent du rédacteur ? On se pose la question, tant certaines pages atteignent une intensité visionnaire digne de Malaparte… Il n’en reste pas moins que le témoignage est cohérent avec tous les faits historiques connus.

Notre couple de danseurs va errer de ville en ville, cherchant dans la vaste Russie les endroits où la guerre civile et la pénurie n’ont pas encore fait fermer tous les lieux de fête et de spectacle. Impossible de détailler ce qui ressemble à un roman picaresque – le sang et la faim en plus. Retenons l’épisode de Kiev, plusieurs fois prise par les Rouges, reprise par les Blancs, en alternance… Les uns pendent les bourgeois, les autres les juifs. Pris en amitié par un membre de la Tchéka, Martinez assiste, épouvanté, aux arrestations, aux pillages, aux exécutions sommaires. Autour de lui, d’autres artistes, des clowns, des acrobates, des magiciens, tout aussi effarés. A ce stade, Fellini rejoint Malaparte.

Martinez est un chulapo, un peu titi, un peu voyou. Il raconte son histoire avec une sorte de fatalisme sceptique, parfois pince-sans-rire, qui en souligne la dimension de cauchemar. Il répète que la politique ne l’intéresse pas, il voudrait seulement pouvoir faire son numéro chaque soir afin de gagner sa vie. C’est aussi un homme pudique ; pas d’épanchements. Mais la solidarité, la tendresse quasi fusionnelle qui l’unissent à sa femme et partenaire de scène affleurent à toutes les pages. L’image de ce couple d’humbles artistes, perdu dans les horreurs de l’Histoire, est peut-être l’élément le plus émouvant du livre.

François Taillandier

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