Joseph Fadelle, Le Prix à payer, éditions de l’Œuvre
L’histoire est authentique : elle s’est déroulée entre 1987 et 2001. C’est seulement maintenant que nous la découvrons, à travers un ouvrage qui est en train de se faire une belle place en librairie, sans soutien médiatique, par les seules vertus du bouche à oreille. Pourquoi ce succès ? Parce que l’aventure racontée ici est dramatique, parce qu’elle constitue un vrai témoignage de foi, et parce qu’elle bouscule nos consciences endormies de chrétiens occidentaux.
En 1987, Mohammed, un Irakien issu d’une grande famille chiite, est confronté, lors de son service militaire, à un conscrit chrétien. Par son truchement, c’est Jésus qu’il va rencontrer. De retour à la vie civile, le jeune homme n’aspire plus qu’à se convertir, ce qui est interdit aux musulmans.
Dès lors, il entre en conflit avec sa famille et son milieu. Pour parvenir à ses fins, il va devoir acquitter « le prix à payer ».
Ce prix, pour lui, sera lourd : la prison, l’exil en Jordanie, une fatwa, un attentat fomenté par ses propres frères, la longue attente avant d’obtenir le baptême (les Eglises d’Orient étant contraintes à la prudence), et enfin, en 2001, la fuite vers l’Europe. Baptisé sous le nom de Joseph, ce converti vit aujourd’hui en France avec sa femme – elle aussi convertie – et ses enfants.
Le récit de Joseph Fadelle ne doit pas être le prétexte à des extrapolations abusives. Il serait cependant aveugle de ne pas voir ce qu’il illustre. Pour être particulier, ce cas apporte un témoignage éclairant sur le sort des chrétiens dans les pays musulmans, et pose la question de la criante dissymétrie du christianisme et de l’islam en ce qui concerne la liberté religieuse. Un avertissement pour l’avenir ?
Jean Sévillia

Alix de Saint-André, ancienne journaliste de Elle et de Canal + a pris à trois reprises la route de Compostelle, et pourtant elle déteste marcher. Une de ses amies dit d’elle qu’elle rentre au restaurant en voiture. Alors est-ce par défi ou par volonté de méditer loin des siens ? Plus on marche dit-elle, plus on se tait sur soi même. De ces voyages, elle a construit un récit charmant et gracieux, revigorant et sans concessions. Elle n’idéalise pas Compostelle : le mal de dos, les ampoules, les odeurs et les ronflements des compagnons de 
En un peu plus d’un siècle l’Angleterre a donné au catholicisme deux de ses génies : John Henry Newman (1801-1890) et Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Si dissemblables soient-ils, ces deux auteurs ont en commun, outre la conversion de l’anglicanisme à la religion romaine, un goût prononcé pour la spéculation intellectuelle. Le premier sera béatifié par Benoît XVI en septembre prochain, lors de la visite historique que le pape effectuera en Angleterre. Du second, on lira avec profit, bonheur et même jubilation, la toute nouvelle traduction, aux éditions Climats, de ces maîtres livres que sont 


L’humour anglais nous surprendra toujours ! Le simple titre de ce Cd et l’illustration de sa pochette en sont une preuve qui ne le dément pas ! « Pigs could fly … si des petits cochons pouvaient voler ». Mais où est le rapport, me direz-vous ? C’est tout simplement le titre de la première chanson qui a donné son nom à ce nouveau disque du célèbre Chœur anglais The new London Children’s Choir. Nous n’en saurons guère plus, l’éditeur ayant refusé de transmettre le texte de cette chanson pour raison de droits d’auteur… ah ! Ces Anglais… !
Les longues fidélités sont un sujet particulier d’émerveillement et ce d’autant plus, peut-être, qu’autour de nous tout va si vite et qu’un « zapping » névrotique sape gravement les conditions nécessaires aux longs approfondissements intellectuels. Jacqueline de Romilly est toujours au milieu de nous, en son grand âge, comme un témoin, comme une mémoire, comme une promesse aussi. Avec elle, heureusement, la Grèce est toujours au milieu de nous, cette Grèce du grand âge classique en laquelle chacun de nous peut reconnaître aujourd’hui encore un « trésor pour toujours », selon l’expression dont usait l’historien Thucydide pour désigner ce qu’il entendait faire de l’histoire en l’écrivant, pour l’avenir. La Grèce… Comment ce mot-là ne nous ferait-il pas vibrer ? Cette Grèce dont on parle toujours, d’ailleurs, et qui a fait encore tout récemment parler d’elle. On se souvient du mot provocateur de Maurice Clavel : « Nous sommes tous Juifs… » Nous sommes tous Grecs aussi ! Nous le sommes toujours un peu, si Barbares que nous soyons devenus, je veux dire si généralement étrangers à ces fameuses Lettres Classiques qui formaient autrefois la substance de la culture occidentale et que Jacqueline de Romilly a défendues avec une détermination et une perspicacité remarquables, sans la moindre ringardise. Cachant son secret aux badauderies touristiques des Barbares contemporains, la Grèce est ce lieu au monde où la terre, la mer, la lumière ont contracté le mariage le plus intelligent qui soit, si bien que voir très jeune ce pays, comme ce fut mon cas, s’apparente à une illumination décisive, à une espèce de grâce prévenante. La Grèce appelle toujours notre gratitude pour ce qu’elle a fait du nombre une âme intime au marbre même, pour ce qu’elle a défini l’homme comme « la mesure de toutes choses » et pour ce qu’elle a inventé des mots élémentaires dont nous causons toujours. Deux surtout, peut-être : logos (parole, raison) dont on connaît la singulière promotion en christianisme, et polis (cité), que nous n’avons pas fini de mettre au monde. Car jusqu’à travers ses propres échecs à faire rayonner dans la communauté humaine le nombre d’or de la démocratie, la Grèce classique a légué une espèce de « testament » sur le fonds duquel avance encore notre histoire collective, sentant de ce côté-là, décidément, une lumière susceptible d’éclairer ses efforts pour la construction d’un difficile vivre-ensemble. Il n’est rien, dans la « politique », dont la Grèce ne soit l’institutrice, puisque, dans un échantillon presque dérisoire de l’espace et du temps, elle a posé de manière décisive les assises de sa grandeur, comme aussi bien elle a su tirer une sagesse, déjà, de l’expérience de ses misères.

Voici un livre d’histoire tel qu’on les aime : de ceux dont on sort avec une conscience affutée de la compréhension de notre passé et de la manière dont il nous modèle encore. Derrière l’affaire d’Anagni (1303) – où le pape Boniface VIII fut maltraité par Guillaume de Nogaret – dont 



