Interview de Jean-François Rod pour La Croix [extrait]
-N’avez-vous pas le sentiment qu’il sort trop de livres religieux ?
Je préfère l’abondance à la pénurie : sur 60 000 livres qui sortent chaque année, 1 000 concernent la religion chrétienne. Et dans ces 1 000, nous avons régulièrement des livres que nous pouvons recommander, dont nous savons que le lecteur pourra tirer quelque chose pour lui-même.
-Pourtant, le livre religieux ne se porte pas bien…
La situation est plus contrastée. Certains livres marchent très bien. Aujourd’hui, le souci d’affirmer sa foi est plus fort, les livres de témoignages se vendent bien. Les gens ont besoin de confronter leurs itinéraires, leurs histoires. Il est cependant vrai que le livre religieux ne peut plus compter sur le public captif traditionnel : autrefois, quand sortait un livre de théologie, j’avais immédiatement plusieurs centaines de commandes de la part de séminaires. Ce n’est plus le cas… Mais il y a encore de bons livres, les ventes devraient être plus importantes !
-Pourquoi ?
Les communautés chrétiennes ne lisent pas assez ! On ne partage pas assez les lectures, on pourrait se servir beaucoup plus du livre qu’on ne le fait ! C’est une idée qui me tient à cœur : chaque paroisse devrait avoir un responsable « livres ». C’est un vrai manque dans l’Église. Les croyants ont besoin de lire, y compris l’histoire récente du christianisme. Ils doivent accepter de faire des détours, de perdre leur temps pour mieux connaître.
Lorsque l’un des plus grands théologiens de l’époque, qui plus est pape, écrit un livre sur Jésus, il faut le lire ! Même si l’ouvrage n’est pas d’un abord facile. Les chrétiens ont besoin de formation, de réflexion critique, d’exhortation, tout ce qu’un livre peut apporter. Le livre chrétien devrait parvenir à des tirages bien plus importants que ceux qu’il atteint aujourd’hui…
Recueilli par ISABELLE DE GAULMYN pour La Croix

quatre ans, par le fils aîné Gaspard. Comme l’auteur l’écrit dans une formule admirable : puisqu’ils ne peuvent pas ajouter des jours à la vie, ils vont ajouter de la vie aux jours.
d’acteur, sa décision d’entrer au séminaire, la lecture de Grignon de Montfort, la mainmise communiste sur la Pologne qui l’oblige à une certaine clandestinité. On suit sa formation à Cracovie, puis à Rome. C’est comme vicaire apostolique qu’il participe au Concile (il fait forte impression sur Yves Congar et Henri de Lubac), avant d’être nommé très jeune archevêque puis cardinal. On ne peut tout énumérer, le livre l’accompagne encore de l’élection au pontificat jusqu’au récit de sa mort, mais cet ouvrage permet vraiment de suivre l’itinéraire personnel du pape au plus intime de son expérience spirituelle et de sa foi impressionnante. On pardonnera facilement quelques maladresses commises à cause de la volonté évidente d’être « édifiant », tant la sainteté de ce pape saute aux yeux en se développant à partir même de son humanité. Bien au-delà de la séduction d’une personnalité d’une cohérence et d’une force exceptionnelles, on est ému de voir la sanctification se construire année après année dans la consécration totale à Dieu (Totus tuus) qui prend la forme d’un dévouement total à sa mission. Une très bonne lecture accessible à tous pour accompagner la béatification le 1er mai, dimanche de la Miséricorde.



