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Le pape François

Michel Cool

François Pape du Nouveau Monde

Salvator  125 pages 12 euros

C’est le premier livre publié sur le nouveau Pape, par le journaliste bien connu Michel Cool. On peut le choisir si on veut un aperçu rapide, car l’ouvrage a l’avantage d’aller à l’essentiel de la biographie de Jorge Mario Bergoglio. Il fait aussi  le point sur les dossiers qui attendent le nouveau pape. Un des grands intérêts de l’ouvrage est de donner la parole à des personnes qui le connaissent bien et qui nous le présentent de manière très vivante.

François pape du nouveau monde

Le pape François

Je crois en l’homme. Conversations avec Jorge Bergoglio.
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L’esprit des Lettres

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire


Pape François, Je crois en l’homme : conversations avec Jorge Bergoglio
Pape François, Amour service et humilité
Pape François, Seul l’amour nous sauvera
Andrea Tornielli, François le pape des pauvres
Michel Cool, François, Pape du Nouveau Monde

Le coup de coeur

- Paul Valadier, Rigorisme contre liberté morale : Les provinciales : actualité d’une polémique antijésuite

L’auteur du mois


Frédéric Ozanam

L’esprit des Lettres – mars 2013

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire

- Dictionnaire encyclopédique d’éthique chrétienne
- Saint Augustin, Une année avec saint Augustin
- Olivier Le Gendre, C’est une étrange aventure que de survivre
- Carlo Maria Martini, Je crois à la vie éternelle
- François-Marie Humann, Aimer comme Dieu nous aime
- Alain Noël, Le Notre Père échelle du Salut
- Éric Oudin, Philosopher avec les évangiles

L’auteur du mois

- Jean Honoré

- Julien Ries

Le coup de coeur

Yves Chiron, Histoire des conclaves

Pierre Schmidt, La vie rachète la vie

pierre-schmidt-vie-rachete-viePierre Schmidt part avec un handicap : son éditeur, les éditions Salvator, prétend que ce premier roman est un roman bernanosien. Voudrait-on enterrer vivant un auteur, on ne saurait mieux faire. Et pourtant, il se pourrait que cette épithète écrasante ne soit point totalement usurpée.

Il suffit de plonger dans les premières lignes du texte où l’on suit, sous la pluie transperçante de Picardie, la course en vélo d’une jeune fille à bout de souffle, pour être pris à la gorge, avec un creux à l’estomac qui évoque les vraies rencontres littéraires. Alix a seize ans. Elle rentre chez elle, dans un antre surchauffée et graisseuse, où elle vit avec sa mère alcoolique, au bord du gouffre. Alix est enceinte de son petit copain Arthur et sa vie, elle le pressent tout juste vient de basculer.
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Gaël Giraud et Cécile Renouard

Gaël-Giraud-et-Cécile-RenouardUne fois n’est pas coutume, je vous parlerai de deux auteurs, Gaël Giraud, jésuite, et Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption, qui sont tous deux des économistes de haut niveau et qui appliquent leur réflexion d’éthique chrétienne au domaine économique, financier et social.

Disons-le d’emblée, nous avons affaire à des personnes plutôt surdouées et surdiplômées ! Gaël Giraud a fait Normale Sup et a passé un doctorat de mathématiques. Son premier livre « Théorie des jeux » expose ses premières réflexions à l’intersection de l’économie et des mathématiques appliquées. Avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus, il a travaillé dans une grande banque internationale et il connaît de l’intérieur l’esprit qui règne dans les salles de marchés. Il a aussi enseigné au Tchad et il s’est occupé des enfants des rues. Il est aujourd’hui chercheur au CNRS et membre de centre de réflexion internationaux. Cécile Renouard, elle, est venue à l’économie par la philosophie et par les études commerciales (ESSEC). Elle a publié aux Presses Universitaires de France « La responsabilité éthique des multinationales » en s’appuyant sur des enquêtes de terrain, en particulier au Kenya et au Nigeria. Elle a présenté aussi la pensée de Michaël Waltzer aux éditions Temps Présent. Elle est professeur à l’Ecole des Mines de Paris et à l’Essec. Tous les deux enseignent au Centre Sèvres à Paris.

Ils ont publié ensemble un livre qui a fait grand bruit et qui en est à sa troisième édition en poche (Champs Flammarion) « 20 propositions pour réformer le capitalisme ». C’est un ouvrage collectif qu’ils ont dirigé en réunissant de très bons spécialistes. Leur compétence fait merveille et nous rend un immense service : non seulement ils appellent de leurs vœux une économie plus performante et une société plus juste (tout le monde est d’accord en principe, mais cela reste souvent un « vœu pieux » avec un certain sentiment d’impuissance), mais ils se mettent  attentivement au chevet du patient pour préciser le diagnostic et proposer des remèdes qui pourraient se révéler efficaces si on se donnait la peine de les mettre en œuvre, non sans conversion. Leur conviction, résumée ici de façon sommaire, est que l’économie réelle est sacrifiée sur les autels de la finance, une finance sans règles, et dans des politiques d’austérité budgétaire contre-productives.

Ils enfoncent le clou avec leur ouvrage « Le facteur 12. Pourquoi il faut plafonner les revenus » (Carnets Nord) où ils proposent que le plus haut revenu ne soit pas plus élevé que douze fois le revenu le plus bas. Non pas d’abord parce qu’il est scandaleux moralement que l’écart soit beaucoup plus élevé aujourd’hui et qu’il ne cesse de croître, mais d’abord pour des raisons économiques : il est faux de penser que plus on gagne d’argent, plus on crée de la valeur (les excès ne nourrissent pas l’économie mais la spéculation financière pure qui promet des intérêts sans commune mesure avec les bénéfices que peuvent produire les entreprises réelles, elle entraîne la crise et finalement l’appauvrissement de tous !)

Enfin, dans l’ouvrage très récent « Illusion financière. Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire » à l’Atelier, Gaël Giraud reprend tout le parcours de manière très pédagogique. Il explique tous les mécanismes qui ont conduit à la crise que nous connaissons et il met en pièce toute une série de fausses évidences qui constituent « l’économiquement correct » avec même une ironie et un humour qui font mouche (voyez « les tâches solaires » pour prouver que les marchés ne sont absolument pas les régulateurs naturels de l’économie comme le prétendent ceux qui ont tout intérêt à le faire croire). Ce livre ouvre aussi des perspectives très encourageantes : la transition énergétique qui s’impose aujourd’hui à la planète ouvre des voies à une croissance d’un autre type et il montre de façon passionnante que nous avons les moyens de la financer.

A l’évidence, je ne fais qu’effleurer les données et les raisonnements  détaillés de ces ouvrages. Il faut les lire pour leur rendre vraiment justice et il va de soi qu’ils appellent la discussion et la critique.

Il me semble pourtant qu’en suivant le travail de Gaël Giraud et de Cécile Renouard, on ne peut être que reconnaissant pour leur engagement compétent à faire avancer la réflexion chrétienne dans ce domaine économique et financier.

Jean-François Rod

>> livres de Gaël Giraud

>> livres de Cécile Renouard

Eugène Green, Les Atticistes

atticitesEugène Green n’est pas seulement un des plus remarquables cinéastes contemporains. C’est aussi un écrivain passionnant et Les Atticistes, son dernier roman paru chez Gallimard, est un des textes les plus roboratifs de la rentrée littéraire.

Cette satire contemporaine met en prise deux personnages dont la drôlerie n’a d’égale que la cuistrerie, archétypes de tout ce que la culture contemporaine a produit depuis quarante ans dans le microcosme germanopratin. Amédée Lucien Astrafolli, mandarin des lettres représentant la tendance de l’atticisme (idéal littéraire de l’élégance et de la sobriété) et Marie-Albane de Courtambat, sémiologue féministe en rupture de ban avec son milieu familial, qui incarne le courant moderne des asianistes, prônant la déconstruction culturelle. La drôlerie des patronymes donne idée du ridicule des personnages. Ces deux idéologues se font une guerre à mort par revues interposées, d’autant plus jubilatoire que leurs existences sont remplies d’anecdotes grotesques, à la mesure de leur fatuité. On s’apercevra au bout du compte que ces deux adversaires sont en fait du même camp, et qu’ils ont face à eux, le bon sens affranchi des coteries d’un jeune homme issu des banlieues, Julien Tertre, qui, grâce au cinéma, trouve la voie d’un véritable langage artistique.

On retrouve chez ce Julien bien des aspects de la trajectoire d’Eugène Green qui après avoir connu l’ostracisme des théâtreux quand il faisait sur scène le travail équivalent de celui que les baroqueux firent en musique, trouva au cinéma un espace d’expression pour la parole. Car, sous la bouffonnerie, cette farce qui tient de Molière et de Pascal, reprend, dans un mode mineur, le grand thème greenien de la parole. Celle-ci peut se déployer dans la tension intime qui réside au sein même des hommes et des éléments, magnifiée par l’oxymore baroque et dont le cinéma sait singulièrement rendre compte. Toute idéologie est mortifère, tuant culture et spiritualité. Ces Atticistes sont en tous les cas la plus belle charge de la littérature française contre les ravages intellectuels et moraux de la société post soixante-huitarde.

François Maillot

Eugène Green, Les Atticistes, éditions Gallimard

L’Esprit des Lettres

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire

Jacques Le Goff, Hommes et femmes du Moyen Age
Le grand livre des saints
La bibliothèque du Vatican
Grünewald
Eglises de Venise
Zodiaque, le monument livre
Julien Ries, Les origines des religions

L’auteur du mois

-Roselyne Dupont-Roc, Saint Luc
-Yves Saout, Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc
-François Bovon, L’Évangile selon Saint Luc
-Carlo Maria Martini, L’Évangélisateur en Saint Luc
-Christoph Schönborn, Pensées sur l’Évangile de Luc
-Michael D. O’Brien, Theophilos

Le coup de coeur

-Michael Lonsdale, En chemin avec la beauté

Quel Trésor ! de Gaspard-Marie Janvier

Enfin un vrai roman d’aventures réjouissant, gai et mystérieux à la fois. Un récit plein de fantaisie servi par des personnages truculents, pétris de légendes et de chants marins, prêts à se lancer, après une pinte ou deux, à la chasse au trésor.

David Blair est le descendant d’une lignée d’éditeurs d’Edimbourg qui a publié Stevenson. La maison d’édition est en liquidation et ses biens mis sous tutelle alors que la carte originale de « l’île au trésor », dessinée par Stevenson, vient d’être retrouvée, tombée d’un dossier poussiéreux. Le jeune homme se passionne pour l’objet qui doit pourtant être mis en vente. Il décide, lui, le presbytérien, de prendre le large et de se rendre sur une île minuscule, Fara, « le seul rocher catholique romain dans l’archipel calviniste des Hébrides ». A l’auberge, il ne tarde pas à se faire des amis avec des personnages hauts en couleurs comme Alasdair McDiarmid l’aubergiste qui est aussi cuisinier, garagiste, éleveur de moutons, poète et qui promène sur son épaule une vieille pie jacasseuse nommée Lady Franklin; Warluis, un français complètement farfelu, arrivé sur l’île par accident et qui y a élu domicile, sillonne indéfiniment les îles avec son avion de fortune. Blair leur parle de la carte. Il n’en fallait pas davantage à nos lascars assoiffés d’aventure pour les captiver. D’autant plus qu’ils ont tous en mémoire la légende de l’invincible armada venue s’échouer dans les îles. La chasse aux lingots est lancée avec comme premier objectif : récupérer la carte à la salle des vente des Chrysbie’s.  C’est le début d’une aventure semée d’embuches, où la convoitise met tous les moyens en œuvre pour arriver à ses fins.

Le père Mapple « sans autre appareillage que sa bonhomie et l’intelligence de ses yeux gris », pêcheur à la mouche et barman plus tard, dénonce l’avidité dans son sermon. Une mise en garde qu’il adresse malicieusement à notre folle équipée, venue entendre la messe. « Je me demandai quelle force mystérieuse avait poussé ce matin-là le père Mapple à nous entretenir de vraies richesses, comme s’il avait lu dans nos cœurs cupides ».

Multiples tromperies, affabulations, canulars et tours de passe-passe font les délices de cette aventure menée tambour battant sur une terre aride, dans la tourbe noire et la bruyère trempée. Tempête et brouillard sèment au vent le moindre indice, et pourtant, existe-t-il, ce fabuleux trésor ?

Stevenson a écrit : « J’aime, dans les romans d’aventure, que les ennemis se retrouvent à devoir cohabiter dans des circonstances rocambolesques, de sorte qu’on ne sait plus bien s’ils sont amis ou ennemis ». Gaspard-Marie Janvier illustre parfaitement cette citation dans ce roman foisonnant et dépaysant à la fois, où l’humour jalonne le récit. On redevient enfant.

Une vraie réussite et un bonheur à lire, de bout en bout.

Marie-Joseph Biziou

Gaspard-Marie Janvier, Quel Trésor !, éditions Fayard

L’Esprit des Lettres

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire

- Jacques Fichefeux, Claire Patier, Éric Puybaret, La Bible des familles, éditions DDB
- Christine Pedotti, Ce Dieu que j’aime, éditions Médiaspaul
- Maurice Bellet, Si je dis Credo, éditions Bayard
- Joseph Moingt, Faire bouger l’Eglise catholique, éditions DDB
- Fabrice Hadjadj, Comment parler de Dieu aujourd’hui ? éditions Salvator
- Frère Jean Pierre et Nicolas Ballet, L’Esprit de Tibhirine, éditions du Seuil
- Yves Boulvin, Des clés pour améliorer les relations parents-enfants, éditions des Béatitudes

L’auteur du mois

Carlo Maria Martini

Le coup de coeur

Jean-Philippe Chauveau, Que celui qui n’a jamais péché, éditions de L’oeuvre

Amin Maalouf, Les désorientés

amin maalouf les désorientésQuand il reçoit le coup de fil d’un ancien ami de jeunesse mourant, Adam prend l’avion pour retourner en Orient dans le pays qu’il a quitté 25 ans plus tôt. A son arrivée, Mourad est déjà mort. Son retour dans le pays qu’il ne nommera jamais, il l’inscrit, jour après jour, dans ses carnets. 16 jours pendant lesquels l’historien qu’il est devenu tentera, à la demande de Tania, la veuve, de réunir pour une ultime fois tous leurs amis de jeunesse : Naïm le juif parti vivre au Brésil, Ramzi devenu moine et Ramez, les inséparables, Nidal, le frère de Bilal mort à la guerre, musulman extrémiste radical, et Albert parti vivre aux Etats Unis. Ce projet, il va le mener à bien en contactant un à un les membres du « club de Byzance », leur cercle d’amis de l’université. Adam, chrétien, était le premier à s’être exilé. Il a rejoint la France. Sémiramis quant à elle, n’a jamais quitté son pays, malmené par des guerres successives. Elle reçoit Adam dans son hôtel qui sera le lieu de la rencontre.

Le voyage d’Adam ne devait durer que le temps de dire au revoir à Mourad avec qui il était brouillé. Il ne se rendra pas aux funérailles. C’est le début de la réflexion. « Pour l’heure (…) Je vis, je respire, je me souviens. » Il ne sait pas encore que sa vie va être bouleversée.

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