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L’Esprit des Lettres

Le Jour du Seigneur, KTO et La Procure s’associent pour proposer le premier magazine mensuel entièrement consacré au livre religieux.

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, cette émission donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

Mathilde Mahieux nous parle de l’actualité du libraire

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Deux petits pas sur le sable mouillé

Je voudrais vous parler d’un livre magnifique « Deux petits pas sur le sable mouillé » de Anne-Dauphine Julliand. Il raconte des épreuves hors du commun qu’affronte une famille, mais je vous le dis tout de suite, ce n’est pas un récit qui provoque un apitoiement effrayé, triste, résigné, c’est tout le contraire : c’est un témoignage extraordinaire de vie et le lecteur en sort bouleversé, mais fortifié.

Le récit commence quand la narratrice remarque que sa fille de deux ans, Thaïs, marche un peu bizarrement et est prise de tremblements. Sans inquiétude au début, elle consulte et d’examens en examens, le verdict tombe : Thaïs est atteinte d’une maladie dégénérative qu’on ne sait pas soigner, elle est condamnée à mourir à court terme après avoir perdu successivement tout ce qui fait normalement la vie et la relation aux autres : la motricité, la parole, la vue ,l’audition. Après le choc, sa mère lui fait une promesse solennelle : sa vie sera courte, mais elle aura une belle vie, la plus belle qui soit car elle va être aimée absolument, à fond, autant qu’il est possible. Et cette promesse est partagée par le père et, à sa façon de garçon deDeux petits pas sur le sable mouillé quatre ans, par le fils aîné Gaspard. Comme l’auteur l’écrit dans une formule admirable : puisqu’ils ne peuvent pas ajouter des jours à la vie, ils vont ajouter de la vie aux jours.

D’autant qu’à ce moment-là, la maman est enceinte. On lui conseille un diagnostic pré-natal, on voit bien pourquoi. Il n’en est pas question. Pour son père et sa mère, Azylis existe déjà. Après sa naissance et l’angoisse des examens, c’est malheureusement le même constat. Il est décidé alors de tenter une greffe intégrale de moelle osseuse. Commence alors un marathon médical et humain que vous pouvez imaginer. Surtout sans négliger ni Thaïs, ni Gaspard. Comme cela dépasse forcément les forces du couple, les grands-parents, les amis, les soignants constituent un commando qui se relaie constamment. Et là encore au lieu que toutes ces difficultés effroyables soient vécues dans la tristesse et le désespoir, tout ceux qui viennent à la rescousse le font volontiers et font l’expérience qu’ils s’en trouvent grandis.

On ne peut tout raconter, mais vraiment lisez ce livre.

Ce témoignage est écrit avec discrétion et pudeur en particulier pour la référence à la foi qui transparaît en acte tout au long du livre. Le livre ne gomme pas le malheur et le travail de la mort, mais il montre comment l’amour les transcende. C’est une extraordinaire leçon pascale d’humanité et de foi.

Jean-François Rod

Anne-Dauphine Julliand, Deux petits pas sur le sable mouillé, éditions Les Arènes

Bienheureux Jean-Paul II

A l’heure où nous nous apprêtons à célébrer la béatification de Jean-Paul II, comment ne pas nous arrêter sur l’œuvre de celui qui fut non seulement un grand Pape, mais aussi un véritable penseur. Avant d’être Jean-Paul II, Karol Wojtyla fut effectivement un remarquable écrivain. Cet homme que l’on peut considérer comme le plus grand homme de média de la fin du XXe siècle, fut d’abord poète et dramaturge, comme l’atteste ce volume publié au Cerf, avec en point d’orgue, la pièce intitulée La Boutique de l’orfèvre. Mais c’est aussi un penseur d’exception, philosophe marqué par le personnalisme et la phénoménologie, notamment dans Personne et acte qui vient de ressortir chez Parole & Silence, dans la collection du Collège des Bernardins.

Ce Pape polonais fut celui qui connut le communisme et contribua, une fois sur le trône de Pierre, à le faire tomber. Jean-Paul II fut un pape politique, opposé au marxisme, mais aussi au libéralisme. A ce titre, Mémoire et identité, publié chez Flammarion, est son livre testament qui donne à notre temps ce qui lui manque : un juste amour de la Patrie et une bonne articulation entre la liberté et le souci du bien commun.

En l’absence, hélas de nombreux textes importants, du fait de l’incurie de certains éditeurs, je voudrais vous orienter vers la lecture – ou la relecture – des grandes encycliques qui ont marqué le pontificat. Bienheureux Jean-Paul IIDans la veine politique et sociale que nous évoquions, Laborem exercens est une remarquable actualisation de la grande encyclique sociale de Léon XIII, Rerum novarum. Mais le souci politique de Jean-Paul II dépasse les questions dites sociales. Il est « branché » sur la vie et, sa défense acharnée de la vie – de la conception à la mort naturelle – , loin d’être une pure posture morale, révèle une conception de l’homme qui ne peut être dissociée de la question sociale : L’Evangile de la vie montre précisément qu’une société juste ne peut exister sans le préalable d’un respect inconditionnel de la vie et de la dignité humaines.

Sans doute les deux plus grands écrits de Jean-Paul II sont-ils ses deux encycliques majeures, Foi et Raison et La Splendeur de la vérité, où l’on retrouve la marque de sa complicité avec Joseph Ratzinger. Le premier texte, pétri de la pensée de saint Thomas, retrouve une idée source de l’Eglise : la foi ne peut être qu’articulée avec les exigences de la raison humaine. Dans Splendeur de la vérité, peut-être son plus grand texte, Jean-Paul II donne la réponse à la crise de la modernité, en refondant le lien entre vérité et liberté, avec un souffle sans doute jamais atteint jusque là.

Mais je ne voudrais pas conclure par des textes aussi magistraux. Plutôt finir par ce qui était au cœur de Jean-Paul II, au plus profond de son être. Tout d’abord la Vierge Marie, dans l’encyclique Redemptoris Mater : donné en la fête de l’Annonciation, ce texte dévoile toute la plénitude de la beauté de Marie, comme porte vers le mystère du Verbe incarné et modèle pour chaque être humain. Et enfin, cette encyclique sur La Miséricorde divine, le cœur du cœur de Jean-Paul II, qui sera béatifié le jour même de la fête de la Miséricorde qu’il a instituée : la clef de voute de notre foi réside précisément dans cet amour infini de Dieu pour nous, amour qui ne se dément pas, de la création à la Rédemption, en passant par l’Incarnation et la Croix. Quoiqu’enracinée dans les textes des psaumes et dans la tradition de l’Eglise, cette pépite-là demeurait comme cachée, et il a été donné à Jean-Paul II de la livrer au monde comme la lumière dont il a aujourd’hui plus que jamais besoin.

François Maillot

Sélection de livres de Jean-Paul II

Brady Udall, Le polygame solitaire

Il y a dix ans, Brady Udall s’est fait connaître en France grâce à la traduction de son premier roman, l’inoubliable Miraculeux destin d’Edgar Mint. Ce fut une révélation; un roman inclassable qui fit connaître une nouvelle génération d’écrivains du Montana dont Brady Udall est l’un des plus talentueux. Il est né en 1971 dans une famille de mormons, ce qui nourrit la part autobiographique de ses livres.

Cette fois, il entre dans le vif du sujet en nous racontant directement l’histoire d’une famille de mormons comptant quatre épouses et vingt-huit enfants. Golden Richard, homme costaud d’un mètre quatre-vingt quinze, en est le patriarche. Il est aussi un membre respecté de l’Eglise Vivante, considéré comme un bon époux et un bon père de famille.

« Si on ne savait pas, on se dirait : une famille heureuse, une famille harmonieuse. Mais approchez-vous, observez, et vous ne manquerez pas de voir les rituels incongrus, les chagrins et les pleurs versés dans la solitude, les tractations, les mini-drames de la peur, de l’angoisse et du désir. » (87)

Le roman est ponctué de retours en arrière qui ne laissent rien au hasard pour rendre compte des fractures qui déstabilisent cette trop nombreuse famille en perdition. Au moment où le lecteur entre dans sa vie, un drame a déjà laminé son équilibre précaire. Les femmes continuent de cohabiter suivant les règles établies, mais l’époux, le pilier, Brady Udall, le polygame solitairen’est plus que l’ombre de lui-même. L’homme, brisé, a perdu ses repères. Il a choisi la fuite comme remède et s’enferre dans une suite de mensonges qui participent à son désir d’évasion, à son rêve de libération. Il est pris dans un engrenage. C’est aussi un homme bon et pacifique, d’où la complexité du personnage. Golden s’affaire loin de la maison, il se cache dans une maison « de poupée ».

« En ce moment, le Père se cache, comme d’habitude. Son repaire est le rez-de-chaussée de la Maison de Poupée, une petite maison délabrée à un étage en contreplaqué et bardeaux de cèdre dont il a abandonné la construction trois ans auparavant à la mort de fille n°9. » (92)

C’est alors que Golden tombe amoureux, pour la première fois de sa vie, et se compromet dans une affaire délicate. Pendant ce temps, Rusty, petit garçon malicieux, petit trublion jamais à court de bêtises, ne sait plus quoi inventer pour qu’on le remarque enfin. Sa solitude et son besoin d’affection se confondent  avec celle du père, mais auront des conséquences autrement plus dramatiques.

L’humour tient une part importante dans le récit. Il se mêle étroitement aux situations les plus dramatiques. Certains passages, comme celui où Golden, fou de douleur, essaie de tuer Raymonde l’autruche qu’il rend responsable de la mort de sa petite Glory, nous fait rire, avant de nous arracher des larmes ( encore un passage inoubliable !).

Brady Udall décrit les fêlures de l’âme humaine et déstabilise le lecteur en bouleversant ses émotions.  L’enthousiasme de l’écrivain gagne son écriture et nous entraîne dans le drame comme dans un entonnoir, en nous captivant.

Plus de sept cents pages qu’on avale avec un véritable plaisir. Ses fans n’auront pas attendu pour rien, c’est une réussite à lire d’urgence !

Marie-Joseph Biziou

Brady Udall, Le polygame solitaire, Albin Michel

Le miraculeux destin d’Edgar Mint, 10-18

Lâchons les chiens, 10-18 (recueil de nouvelles)

Martina Kempff, Berthe au grand pied

Les femmes ont longtemps été les grandes oubliées des livres d’Histoire, mais les romans les ont heureusement mises à l’honneur, et le livre de Martina Kempff, traduit de l’allemand, en est un bel exemple.

Retraçant la vie de Bertrade de Laon, dite Berthe au grand pied, la mère de Charlemagne, l’auteure nous emmène dans le passé de l’Europe, au VIIIè siècle, à la fin de l’époque mérovingienne. Les derniers rois de cette dynastie n’ont qu’un rôle honorifique et ne gouvernent plus; ce sont les maires du palais qui détiennent alors le pouvoir et c’est justement l’un d’entre eux, Pépin Le Bref, que doit épouser Berthe, mais longue est sa route jusqu’au couronnement.

S’inspirant des légendes et traditions populaires, car les historiens disposent de peu de renseignements assurés sur son sort, Martina Kempff, pour la première fois traduite en français, romance de manière tout à fait plausible le destin de cette jeune femme volontaire à qui on avait prédit qu’elle serait « épouse et mère de rois ». Et si la vie de Berthe est passionnante, le contexte historique l’est tout autant puisqu’il s’agit des prémices de la dynastie carolingienne et des luttes de pouvoir pour imposer en Occident un territoire unifié et totalement chrétien.

En effet, si les Francs sont convertis au christianisme depuis Clovis, ce n’est pas le cas de tous les peuples autour d’eux et les rois francs ont eux-même fort à faire pour imposer à leur propre peuple une doxa, et tâcher de remplacer dans les monastères la règle de Colomban par celle de Benoît de Nursie tout en gardant des liens privilégiés avec le pape de Rome.

Du palais de son père le comte de Laon au monastère de sa grand-mère, des intrigues à la cour de son mari Pépin le roi des Francs aux champs de bataille itinérants, Berthe ne s’en laisse pas conter et impressionne par sa force de caractère. Amoureuse et pleine de tendresse pour ses enfants, inquiète à l’idée que son fils Charlemagne ne soit trop menaçant vis-à-vis de son frère cadet, elle aime le pouvoir tout autant que son mari et participe à la vie publique avec aplomb. Un vrai destin de reine!

Hélène Morin

Martina Kempff, Berthe au grand pied, éditions Actes sud

Le vrai Jean-Paul II

Voilà un livre facile à lire qui laisse à son lecteur une impression durable par son abord inédit de la vie et de la personnalité de Jean-Paul II. C’est le postulateur de la cause de béatification qui publie lui-même cet ouvrage avec l’aide d’un journaliste italien. Cet homme est bien placé pour le faire, car il a passé des années à rechercher des témoignages directs et précis sur Karol Wojtyla depuis sa jeunesse et tout au long de sa vie. Le livre fourmille donc d’anecdotes  soigneusement vérifiées et souvent ignorées jusque là. On découvre la personnalité familière de l’homme, la place décisive de son père,  les deuils de son enfance, sa vocation d’acteur, sa décision d’entrer au séminaire, la lecture de Grignon de Montfort, la mainmise communiste sur la Pologne qui l’oblige à une certaine clandestinité. On suit sa formation à Cracovie, puis à Rome. C’est comme vicaire apostolique qu’il participe au Concile (il fait forte impression sur Yves Congar et Henri de Lubac), avant d’être nommé très jeune archevêque puis cardinal. On ne peut tout énumérer, le livre l’accompagne encore de l’élection au pontificat jusqu’au récit de sa mort, mais cet ouvrage permet  vraiment  de suivre l’itinéraire personnel du pape au plus intime de son expérience spirituelle et de sa foi impressionnante. On pardonnera facilement quelques maladresses  commises à cause de la volonté évidente d’être « édifiant »,  tant la sainteté de ce pape saute aux yeux en se développant à partir même de son humanité. Bien au-delà de la séduction d’une personnalité d’une cohérence et d’une force exceptionnelles, on est ému de voir la sanctification se construire année après année dans la consécration totale à Dieu (Totus tuus) qui prend la forme d’un dévouement total à sa mission. Une très bonne lecture accessible à tous pour accompagner la béatification le 1er mai, dimanche de la Miséricorde.

Jean-François Rod

Slawomir Oder/Saverio Gaeta, Le vrai Jean-Paul II, L’homme, le pape, le mystique, Presses de la Renaissance

La Mélancolie de la résistance

Peut-être ai-je commencé à l’envers ? Tout cela a débuté au cinéma le Saint André des Arts (je crois) où, il y a une bonne année, je suis allé voir le film de Béla Tarr, Les Harmonies Werckmeister, dont j’étais sûr qu’il était un chef d’œuvre, puisque c’est un film de chevet pour Eugène Green, cinéaste trop méconnu du grand public et savoureux écrivain (j’y reviendrai un jour). La beauté saisissante de ces plans séquence en noir et blanc, montrant l’effondrement de la vie sociale d’une bourgade de province hongroise qui sombre dans la peur et la violence, m’avait laissé sous le choc. Grâce aux conseils d’un confrère libraire et d’un ami très cher, je me suis attaqué au roman dont l’épisode principal a été adapté par Béla Tarr : il s’agit de La Mélancolie de la résistance de László Krasznahorkai, hongrois lui aussi, dont j’ai définitivement renoncé à savoir prononcer correctement le nom.László Krasznahorkai, La Mélancolie de la résistance

Après un préambule stupéfiant (que ne reprend pas Béla Tarr dans son film) évoquant un voyage en train, claustrophobe et poisseux, d’une certaine Madame Pflaum – dont nous ne savons pas très bien si elle nous inspire de la compassion ou de l’irritation-, Krasznahorkai déploie le cœur de son roman, sous le titre des Harmonies Werckmeister justement (en référence au musicien baroque, théoricien des tempéraments inégaux). S’ouvrant sur une scène hypnotique où une sorte de prophète simplet, Valuska, qui évoque, le mysticisme en moins, Johannes dans Ordet de Dreyer, improvise, comme chaque soir un spectacle vivant représentant le mouvement des planètes, figurées par de pauvres hères alcooliques qui n’ont rien trouvé de mieux pour prolonger l’ouverture d’un bar sordide, le roman se déploie de manière apocalyptique (au sens propre de révélation). Autour d’un saltimbanque dévoilant au peuple médusé et hagard un monstre marin qui semble renvoyer à chacun la laideur d’un monde inanimé, une peur sourde se répand dans la ville, dans un microcosme étouffant où les enjeux de pouvoir sont à la fois terribles et grotesques. L’explosion de violence qui finit par advenir (et là, comment ne pas évoquer le fait qu’en lisant Krasznahorkai, j’ai revu les images crucifiantes de Béla Tarr et qu’en revoyant le film ensuite, la prose de l’écrivain est remontée à la surface de ma conscience), cette explosion donc, point d’orgue du livre, est au fond, pour les personnages de ce roman et pour le lecteur, un soulagement, une libération, un instant critique où les larmes se libèrent, épiphanie mystérieuse de la décomposition du monde.

On ne sait plus très bien à ce stade, si nous contemplons le désastre intérieur et social d’une œuvre de fiction ou d’une vie vécue. Je ne promets à aucun de vous une lecture agréable, ni facile. On est tenté de lâcher le morceau tant cette violence sourde renvoie de manière insupportable à des zones refoulées de nos peurs et de nos angoisses, conscientes ou pas. Mais quand une œuvre comme celle-ci, le roman et le film, interroge au plus profond de soi, sur la pertinence de la frontière entre la réalité et la fiction, c’est qu’il s’agit d’un chef d’œuvre absolu. A chacun de le lire comme il le sent. En ce qui me concerne, je le comprends et ressens comme la peinture d’une apocalypse laïque, c’est-à-dire de ce que pourrait être la fin des temps pour ceux qui n’ont pas été engendrés dans la Lumière.

François Maillot

László Krasznahorkai, La Mélancolie de la résistance, Gallimard

L’Esprit des Lettres

Le Jour du Seigneur, KTO et La Procure s’associent pour proposer le premier magazine mensuel entièrement consacré au livre religieux.

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, cette émission donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

François Maillot présente l’Actualité du libraire

Joseph Moingt est l’Auteur du mois, Jean-François Rod nous présente son oeuvre

Le Coup de coeur de Mathilde Mahieux est pour Le premier jour de la semaine de Jean Maison

La liste des livres présentés à l’Esprit des Lettres

Ars Sacra : 2000 ans d’art chrétien

Vais-je savoir vous dire que ce livre imposant, est en tous points vraiment EXCEPTIONNEL.  Deux mots latins en lettres d’or sur un fonds blanc. Ce n’est pas un antiphonaire ou un évangéliaire, c’est ARS SACRA. L’encyclopédie la plus complète à ce jour qui du premier art des catacombes aux cathédrales les plus contemporaines embrasse 2000 ans d’art chrétien et sous toutes les latitudes.

Son seul défaut est peut être son poids ? Mais que sont ces 12 kilos au regard de la richesse du contenu ?  Tout est somptueux, la mise en page spectaculaire et vertigineuse comme la hauteur des voûtes, ces dépliants en triptyque, et que dire de la qualité des reproductions, ces visages sculptés d’anges et de rois surpris de si près qu’on les dirait vivants. Sculpture, mais aussi peinture, mobilier, vitraux irradiant de lumière.

Venez le voir ou achetez le les yeux fermés. Vous ne regretterez pas ces 150 euros. C’est beau, luxueux et prestigieux. Vous l’aurez compris, c’est pour moi bien plus qu’un coup de cœur, c’est un choc !

Bertrand Deschamps

ARS SACRA, éditions Ullmann

Voyez et croyez

Beaucoup d’entre vous connaissent la famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno, née en 1950, implantée en Europe, en Amérique et au Moyen Orient, avec des monastères de moniales mais aussi de moines qui mènent une vie de silence et de solitude dans la tradition des pères du désert orientaux du IVe siècle prolongée en Occident par saint Bruno au XIe siècle.

C’est à cette double source orientale et occidentale que moines et moniales de Bethléem puisent pour leur liturgie, absolument somptueuse, mais aussi pour leur artisanat qui a fait leur réputation. La communauté a eu la bonne idée de réunir en un somptueux coffret deux volumes d’icônes et un volume de sculpture, reproduits de manière admirable et mis en résonnance avec des textes spirituels soigneusement choisis. N’ayons pas peur d’être prosaïques : à 89 €, ce coffret qui pourrait en coûter 150 est un cadeau idéal pour Noël ! Voyez le regard de contemplation de cette statue de la Vierge de la Sainte Famille, ou le mouvement de Jean sur le cœur de Jésus dans cette Sainte Cène inspirée d’un chapiteau du XIIe siècle ! Ou, dans les icônes – qui obéissent aux canons byzantins – cette Résurrection qui résume l’histoire du salut !

Ces œuvres ne sont pas seulement la preuve que l’art chrétien et le monachisme contemporains demeurent vivants et inspirés. Un tel livre est un appel à la prière et au recueillement. Il nous permet d’accueillir l’amour de Dieu pour chacun de nous dans le regard même de Marie qui nous montre la voie. Ce livre a vocation à trôner, ouvert sur un lutrin, au cœur des foyers. En l’offrant, vous aiderez la belle œuvre de la famille de Bethléem et donnerez à vos cadeaux de Noël une couleur spirituelle qui renoue fort à propos avec l’intériorité du mystère de l’Incarnation.

François Maillot

Voyez et croyez  , Oeuvres de la famille de Bethléem