Nathalie Bauer, Des garçons d’avenir
De la fureur de la guerre il ne reste, bien souvent, que des échos, de vagues souvenirs transmis, de génération en génération dans les familles, quelques photos parfois et surtout beaucoup de fantasmes. L’Histoire officielle nous apporte l’essentiel de nos certitudes et de nos connaissances. Nous sommes instruits des horreurs de cette guerre et malgré le temps écoulé, la guerre de 14, si communément appelée, reste pourtant la dernière guerre « romantique ». Une guerre selon les usages de l’ancien monde, faite de corps sacrifiés à l’arme encore blanche, aux canons et mitraillettes accompagnés de chevaux pour parfaire le tableau. Une guerre où les généraux se sont penchés longuement sur leurs cartes mettant en scène et en pratique leurs talents de stratège conquis sur les bancs de Saint Cyr et Polytechnique. C’est cela la 1ère guerre mondiale avec ses 20
millions de morts, une boucherie mémorable qui fera dire ensuite : « plus jamais la guerre » ou encore « la der des der ».
Nathalie Bauer évoque donc, après tant d’autres, cette guerre et avec Des garçons d’avenir nous donne à voir l’humanité dans toute sa vérité. Enfants du siècle, Raymond Bonnefous Declercq et Morin font leur entrée dans la vie adulte avec ce conflit abordé, tout d’abord avec insouciance. Etudiants en médecine, ils intègrent les postes de secours des régiments de l’armée française et font l’expérience d’une double découverte : la fin d’un monde et l’horreur humaine. Avec une infinie tendresse à l’égard de ses personnages (l’auteur est la petite fille de Raymond Bonnefous), Nathalie Bauer fait émerger de ce récit une singulière joie de vivre, un appétit inextinguible de plaisirs divers et ce, malgré la réalité d’un conflit dramatique et odieux. Avec eux, nous sommes, nous aussi, plongés dans l’incompréhension du drame et l’ardent désir de vivre envers et contre tout. C’est alors que des petits riens donnent naissance à de grandes voluptés, ainsi l’amitié d’une jeune fille absolument délicieuse : Zouzou qui vient embellir la vie de Bonnefous et Declercq ; les promenades à cheval, la camaraderie et la solidarité, les permissions et les retrouvailles en famille, les sorties à Paris… Mais tout doucement l’insolente jeunesse de ces hommes se mue en une grave prise de conscience, plus rien ne sera jamais comme avant, la pièce se joue et il n’y aura pas de dénouement. Emportés par une écriture sans faille et un talent évident, Des garçons d’avenir nous offre une vraie page d’Histoire, à savourer et méditer très certainement.
Mathilde Mahieux




Il y a dix ans, Brady Udall s’est fait connaître en France grâce à la traduction de son premier roman, l’inoubliable Miraculeux destin d’Edgar Mint. Ce fut une révélation; un roman inclassable qui fit connaître une nouvelle génération d’écrivains du Montana dont Brady Udall est l’un des plus talentueux. Il est né en 1971 dans une famille de mormons, ce qui nourrit la part autobiographique de ses livres.
n’est plus que l’ombre de lui-même. L’homme, brisé, a perdu ses repères. Il a choisi la fuite comme remède et s’enferre dans une suite de mensonges qui participent à son désir d’évasion, à son rêve de libération. Il est pris dans un engrenage. C’est aussi un homme bon et pacifique, d’où la complexité du personnage. Golden s’affaire loin de la maison, il se cache dans une maison « de poupée ».
Les femmes ont longtemps été les grandes oubliées des livres d’Histoire, mais les romans les ont heureusement mises à l’honneur, et le livre de Martina Kempff, traduit de l’allemand, en est un bel exemple.
dynastie carolingienne et des luttes de pouvoir pour imposer en Occident un territoire unifié et totalement chrétien.
Vous avez tous entendu la voix de Big Sister : c’est cette voix douce et impérative qui vous rappelle qu’ « il est interdit de fumer dans l’enceinte de la gare », vous avertit avec sollicitude que « la descente se fait à gauche de la rame », vous indique que vous devez « taper sur la touche dièse de votre téléphone », ou bien que « votre code n’a pas été reconnu ». En somme, rien de bien méchant…


François Sureau est un écrivain français secret, just for happy few, dirions-nous si ce n’était un cliché et si nous ne visions pas, à notre modeste mesure, à le faire connaître plus largement encore. Couronné en 1992 par le grand prix du roman de l’Académie française pour l’Infortune, son deuxième roman, il nous a gratifiés de quelques pépites arrachées à une vie d’avocat, comme 
