Certains d’entre vous l’ont déjà vu. Je parle bien sûr du film de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux. Une semaine après l’avoir visionné, je tiens à vous en dire quelques mots.
Le film de Xavier Beauvois, réalisateur d’une rare intransigeance, marquera plus encore le terreau du christianisme contemporain que les succès récents que furent le Grand Silence, l’Île ou La Passion du Christ. Pourquoi ? Parce que ce film est exactement ce que le christianisme peut dire aujourd’hui au monde, et dans une forme à la fois parfaitement contemporaine et totalement aboutie.
Ce que dit ce film, c’est qu’être chrétien dans un monde qui ne l’est plus et qui professe, à ciel ouvert ou à mots
couverts, une haine du christianisme, c’est avant tout être « christophore ». Non pas prosélyte, au sens où l’on croirait que notre action serait de nature à convertir ce qui ne se tourne vers la lumière que par une rencontre qui nous échappe ; non pas bien sûr indifférentiste ou relativiste, option consternante qui consisterait à croire que la foi dans le Christ est un attribut superflu ! Mais être chrétien, à l’instar des moines de Tibhirine, c’est avant tout porter le Christ en soi et communiquer aux autres sa présence, sans penser au succès, mais en étant dans le don de son être entier, et par la même du Dieu qui est en soi. C’est très exactement ce que montre le film de Xavier Beauvois, dans une radicalité évangélique suivie au plus près. Nous ne dévoilerons rien ici du film en disant seulement que, s’achevant sur deux scènes évoquant le repas du Jeudi Saint et le Chemin de Croix, Beauvois donne à comprendre la présence des moines martyrs en Algérie pour ce qu’elle est : la présence du Christ sacrifié au cœur du monde, prolongée par l’oblation de ces hommes qui n’ont choisi cette voie que par amour.
Pour dire cela, il fallait peut-être un cinéaste réputé athée, comme ce fut le cas pour Pasolini, ou comme c’est aujourd’hui la profession de conscience des frères Dardenne. Un cinéaste qui est un immense artiste (voyez, si vous n’êtes pas « choquable », N’oublie pas que tu vas mourir). Les scènes de la vie nord-africaine ou celle du dernier repas, sont dignes de Sergio Leone, avec une caméra fluide et charnelle. Les scènes de prière où le plan fixe montre une fois de plus sa supériorité quand il s’agit d’atteindre la profondeur de l’âme, sont justes, naturelles et comme improvisées sous l’effet d’une grâce. Je ne connais pas de film plus impeccable du point de vue de la grande tradition spirituelle chrétienne, et notamment de l’abandon, dans sa visée pleine et entière, de Caussade à Charles de Foucauld. Pas de film plus abandonné à la grâce du cinéma, comme le montre cette fin dictée par une tempête de neige imprévue qui donne au film une conclusion inouïe. Car c’est ce que nous dit ce film : si la vie de l’homme est rétrécie sans la grâce, le cinéma peut être le vecteur par lequel celle-ci surgit. Et c’est pourquoi le septième art est grand !
François Maillot

L’humour anglais nous surprendra toujours ! Le simple titre de ce Cd et l’illustration de sa pochette en sont une preuve qui ne le dément pas ! « Pigs could fly … si des petits cochons pouvaient voler ». Mais où est le rapport, me direz-vous ? C’est tout simplement le titre de la première chanson qui a donné son nom à ce nouveau disque du célèbre Chœur anglais The new London Children’s Choir. Nous n’en saurons guère plus, l’éditeur ayant refusé de transmettre le texte de cette chanson pour raison de droits d’auteur… ah ! Ces Anglais… !




