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« Portrait d’auteur » : le Père Jean-Yves Calvez

Le portrait d’aujourd’hui est un hommage d’admiration et de gratitude à un jésuite qui vient de mourir après une vie de service hors du commun, le Père Jean-Yves Calvez.

Je choisis cinq livres qui jalonnent les axes principaux de son action.

D’abord La pensée de Karl Marx (Seuil). Ce livre de jeunesse s’est très vite imposé à tous comme l’ouvrage de référence sur le marxisme par son exactitude, sa rigueur, sa clarté. Et ce livre de 1956 est encore incontournable aujourd’hui sur cette question.

Très vite, le Père Calvez a été appelé à exercer des responsabilités importantes au sein de la Compagnie de Jésus jusqu’à être à Rome pendant douze ans l’un des quatre assistants du Supérieur Général. Il a consacré un livre au Père Arrupe (Cerf) auquel il a toujours témoigné un immense respect. Ce livre est important aujourd’hui pour qui veut comprendre avec justesse et avec justice l’Eglise de l’après-Concile Vatican II.

Troisième aspect, sans doute le plus central et comme le fil rouge du travail du Père Calvez, la réflexion sur les questions sociales, sur les relations internationales et le développement, sur la doctrine sociale de l’Eglise. Il a enseigné ces questions en France, aux Etats-Unis, en Argentine, en Asie. Les livres sont multiples. Retenons celui-ci, en trois volumes, Chrétiens penseurs du social (Cerf) [voir le vol.1, vol.2, vol.3] où il passe en revue l’apport des écrivains chrétiens dans ces domaines. Une présentation extrêmement pédagogique et éclairante.

C’est dans ce domaine que le Père Calvez a publié son dernier livre : un Guide de lecture de l’encyclique de Benoît XVI, L’amour dans la vérité (Atelier).

Le Père Calvez ne se mettait jamais en avant. Il a refusé toute distinction, tout doctorat honoris causa. Raison de plus pour souligner l’intérêt de ce petit livre Traversées jésuites, mémoires de France, de Rome, du monde (Cerf) où apparaît de façon éclatante que sa vision est toujours marquée par l’international et par l’universel.

Je termine en citant les propos dans La Croix du Père de Charentenay, Directeur de la revue Etudes (Le Père Calvez en fut aussi le directeur en son temps) :

« Il nous laisse une manière authentique d’être jésuite, un travail acharné, une très grande compétence et une vraie simplicité »

Jean-François Rod

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