Michael O’Brien, Père Elijah

On n’est pas forcé d’aimer les théories du complot. Elles ne donnent pas ce qui se fait de meilleur dans la littérature contemporaine, en témoignent les blockbusters de Dan Brown ! Force est de constater pourtant que dans le genre thriller comploteur, les nord-américains ont de vrais atouts. Ainsi en est-il de Michael O’Brien, canadien, auteur d’une poignée de romans apocalyptiques, dont ce Père Elijah que Salvator a eu la riche idée de publier.

En voyant combien, vous, lecteurs de la Procure, l’avaient plébiscité, et après qu’un religieux de mes amis m’eut susurré de me pencher sur le bouquin,  j’ai enfin ouvert Père Elijah. Et je l’ai dévoré ! Depuis la lecture de Millénium (dans un autre genre), je n’avais pas été autant scotché à une lecture, avec des effets secondaires perturbant gravement la vie familiale, du genre « je n’entends pas quand on me dit de passer à table ». Cette histoire d’un Juif polonais rescapé du ghetto de Varsovie, devenu homme politique israélien avant de se convertir au catholicisme et d’endosser l’habit brun des Carmes, est tout simplement fascinante. En effet, le père Elijah va recevoir du Pape une mission : celle d’infiltrer l’entourage d’un président mondial dirigeant en souplesse un univers suavement totalitaire. Cet homme, d’une aura et d’une intelligence exceptionnelles, vise en secret à détruire l’Eglise et la foi chrétienne et rallie à sa cause de hauts dignitaires de l’Eglise. Une figure de l’Antéchrist qui précipite le lecteur dans les temps derniers.

Tout dans ce livre est digne d’éloge : la construction, l’alternance de passages épiques et de moments d’introspection, la complexité des personnages, la montée d’un suspens qui pétrifie et, pour ne rien gâcher, une théologie parfaitement catholique et romaine ! C’est ce qui fait la différence avec tant d’ouvrages qui véhiculent une image acide et rance de l’Eglise, à fleurets mouchetés ou à ciel ouvert. Découvrez donc un grand écrivain catholique et offrez ce livre à vos amis, chrétiens ou pas. Cela les changera des fadaises convenues.

François Maillot

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4 réponses à Michael O’Brien, Père Elijah

  1. de M. dit :

    oui, oui, et encore oui, ce livre mérite d’être lu… et relu, pour nourrir le chemin spirituel comme pour en percer les secrets littéraires. Reste que la conclusion semble un peu rapide, ou bien aurait mérité un tome supplémentaire pour paraitre moins… baclée par moment.
    Quoiqu’il en soit, merci au P. O’Brien !

  2. B. CORNELIS dit :

    Oui, un livre puissant, prémonitoire ? que l’on ne lâche pas, qui nous laisse avec un dur questionnement sur notre monde actuel où l’image, la « communication » et la manipulation remplacent le réel et ses dérives ET sur notre propre position dans ce contexte. Bien sûr on regrette la fin … et l’on attend… la suite !
    A recommander aux jeunes générations qui n’ont connu que la paix, chez nous. Merci.

  3. M.L dit :

    Pour quelqu’un qui en a terminé la lecture le dimanche 12 février 2013 et qui le lendemain apprend la démission du Pape, quel choc. Prions que ce Temps de Carême inspire nos cardinaux.

  4. Sébastien dit :

    J’ai adoré, mais je ne comprends pas qu’on puisse faire autant de fautes dans un ouvrage destiné à tous.

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