Michel Houellebecq, La carte et le territoire

Michel Houellebecq, La Carte et le territoire, Flammarion

On aime ou on n’aime pas. Mais on ne peut pas ignorer que, livre après livre, Houellebecq bâtit une œuvre qui a peu d’équivalent dans le panorama littéraire français. Après La Possibilité d’une île, qui eut le succès que l’on sait et qui était son roman le plus ambitieux, La Carte et le territoire est à nouveau un choc. Cette histoire d’un artiste plasticien contemporain qui peint Michel Houellebecq (l’auteur se met ici en scène avec un mélange assez rare d’ironie et de tendresse) et se trouve confronté à la maladie de son père devrait toucher un public plus large encore. Il n’est pas anodin que Houellebecq soit pour une fois assez sobre sur la question sexuelle. Dans ce livre en effet, même si le regard sur la société est toujours aussi acéré, l’acidité fait place à quelque chose de nouveau : l’acceptation plus simple de sa propre tristesse, une compassion qui était auparavant enfouie, par rapport à soi et aux autres, d’une pudeur absolue, mais qui donne à ce livre une humanité touchante. J’ai été très ému en le lisant, comme jamais par Houellebecq que je porte pourtant aux nues. Et c’est sous le regard de cette émotion que je repense à toute l’œuvre qui prend une dimension nouvelle. Houellebecq, on le sait, est depuis toujours, à sa manière – naturaliste-, un vrai moraliste. Il nous montre aussi qu’il pourrait bien être l’un des derniers humanistes. D’accord ou pas ? A vous de lire et de vous exprimer !

François Maillot

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2 réponses à Michel Houellebecq, La carte et le territoire

  1. ExcerptReader dit :

    Ca sort seulement aujourd’hui mais ca fait beaucoup de bruit depuis quelques semaines..
    De quoi s’agit il? Mais du dernier roman de Houellebecq, bien sur!
    Lisez le revue de l’Excerpt Reader http://the-excerpt-reader.blogspot.com/2010/09/excerpt-michel-houellebecqs-la-carte-et.html

  2. Edouard dit :

    Tout à fait d’accord, la violence et l’aigreur qui exsudaient de ses précédentes oeuvres, souvent provocantes mais de cette provocation qui est souvent détresse, prennent dans ce dernier livre une teinte plus vague, plus assourdie, comme si l’auteur était gagné peu à peu par la résignation. Houellebecq reste le contempteur éclairé des dérives de la modernité mais sa critique est dans La carte et le territoire infiniment moins virulente, ce qui n’en diminue pas l’intensité mais lui confére une douceur presque pathétique et oui, sans doute aussi, de l’humanité. Non le moindre des paradoxes pour celui qui s’attache à un style si dénué de lyrisme qu’il paraît souvent automatique, froid, un dictionnaire. Ma critique: http://edouardetmariechantal.unblog.fr/2010/11/07/la-carte-et-le-territoire-michel-houellebecq-eee/
    Edouard.

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