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Taches de soleil, ou d’ombre de Philippe Jaccottet

Taches-de-soleil,-ou-d’ombreDans l’œuvre de Philippe Jaccottet, les marges importent presque autant que le centre de la page. En fait, elles prolongent, dilatent, approfondissent ce centre. Le poème n’est pas une pointe isolée, un oasis au milieu du silence, une exception. L’écriture emprunte les chemins qui s’offrent à elle, ou qu’il lui faut tracer. On la dirait vagabonde si ce mot n’évoquait pas une sorte de dilettantisme. Et parmi ces chemins, ceux de la prose, de la notation discursive, constituent la base, l’environnement du poème. La lecture des autres poètes, et le travail de citation qui l’accompagne, ne forment pas l’envers du décor : ils sont une inspiration et une respiration. Oui, une dilatation. « Nous voyons monter, écrivait Jean Starobinski à propos de la démarche de Jaccottet, comme à travers des étagements successifs, un chemin patient qui se dirige vers la possibilité du poème. » Cette « possibilité », qui est aussi une patience, est présente, notamment, à chaque page des trois volumes de La Semaison (Gallimard, 1984-2001). Mais la publication des « Carnets » est soumise à un certains nombre de règles implicites. On choisit, on  élague, on compose…
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L’Esprit des Lettres d’avril 2013

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire


Pape François, Je crois en l’homme : conversations avec Jorge Bergoglio
Pape François, Amour service et humilité
Pape François, Seul l’amour nous sauvera
Andrea Tornielli, François le pape des pauvres
Michel Cool, François, Pape du Nouveau Monde

Le coup de coeur

- Paul Valadier, Rigorisme contre liberté morale : Les provinciales : actualité d’une polémique antijésuite

L’auteur du mois


Frédéric Ozanam

La disparition des librairies historiques : La Procure, îlot de résistance

Nuccio Ordine, L’utilité de l’inutile :

L'utilité-de-l'inutile« Mais l’avalanche des catastrophes ne s’arrête pas là. L’identité des librairies a également été défigurée par les exigences du marché. Autrefois lieux de rencontre historiques où il était possible de découvrir à tout moment des textes et des essais d’une importance fondamentale elles sont aujourd’hui devenues des caisses de résonance pour des livres à la mode dont le succès n’est qu’un feu de paille. Il serait bien difficile d’oublier l’existence des PUF à Paris Sur la place de la Sorbonne ou du Divan à Saint-Germain-des-Prés (désormais remplacés par des activités commerciales plus rentables), et, inversement il est impossible d’ignorer la profonde transformation des librairies (telles que La Hune ou les magasins de la Fnac), qui ont petit à petit renoncé à l’érudition et ont considérablement réduit la place des classiques en bourrant les rayons de livres tout juste publiés et auréolés d’un succès purement médiatique. Même constat pour l’Italie : plusieurs librairies historiques sont en train de disparaître (que l’on songe par exemple à la librairie Marzocco de Florence ou à la librairie Treves de Naples, dont la fermeture a suscité des protestations), tandis que les grandes chaînes de magasins de biens culturels sont contraintes de se plier à la logique du marché.

Ne survivent que quelques rares îlots de résistance (Vrin, Les Belles Lettres, La Procure à Paris, ou Tombolini à Rome et Hoepli à Milan), où le lecteur peut encore presque toujours trouver les textes fondamentaux. Quant aux libraires eux-mêmes, ils ne sont plus ceux d’autrefois (à quelques rares exceptions près), qui étaient en mesure de fournir aux lecteurs de précieuses suggestions à propos d’un roman ou d’un essai. Leur liberté de choix est de plus en plus limitée par les intérêts des grands distributeurs qui imposent leurs publications selon des critères purement commerciaux souvent sans aucun rapport avec le souci de la qualité. Ainsi déresponsabilisés, les libraires se transforment alors en simples employés dont la tâche principale est de vendre des produits avec le même état d’esprit qu’un salarié anonyme de supermarché. »

Nuccio Ordine, L’utilité de l’inutile, Belles lettres

Patrice Gourrier, Deviens ce que tu es

Patrice Gourrier nous parle de son livre Deviens ce que tu es : retrouver la confiance en soi

Jeudi La Procure : Patrice Gourrier

Patrice-Gourrier,-Deviens-ce-que-tu-es

Antoine Arjakovsky, Qu’est ce que l’orthodoxie ?

Antoine Arjakovsky nous parle de son livre Qu’est ce que l’orthodoxie ?, panorama du christianisme orthodoxe.

Jeudi La Procure : Antoine Arjakovsky

François Taillandier, romancier des temps obscurs

Comme Aragon auquel il a consacré un essai, François Taillandier est un écrivain des métamorphoses. Après sa « grande intrigue » en cinq volumes, – une exploration de plusieurs décennies d’évolution de la société occidentale à travers des personnages liés par des parentés familiales -, on pouvait croire, après cette longue course solitaire, qu’il était parvenu au bout d’un chemin : celui de l’interrogation romanesque du réel contemporain. Et bien, loin d’être essoufflé, ce marathonien des lettres nous surprend en s’engageant dans un cycle de fiction d’une toute autre inspiration.

Autant le dire d’emblée : c’est une grande et belle réussite. Si la vraie littérature ne se confond pas avec la contemplation, elle nous en rapproche, nous aide à mieux respirer, à nous extirper des pressions et des suffocations de l’immédiateté. Cette fois-ci, c’est l’Histoire que le romancier interroge, une époque lointaine, méconnue, un temps d’angoisse et de malheur, celle où l’ancien monde n’est plus et où le nouveau n’est pas encore advenu.

Il s’agit du VIe de notre ère. L’empire romain d’Occident n’a plus d’existence, survit comme un fantôme au-dessus de ruines. Celui d’Orient prétend encore exercer sa férule, mais la réalité du pouvoir lui échappe en partie, car les « Barbares », par vagues conquérantes, s’implantent, eux, sur le terres de Gaule, d’Espagne et d’Italie, se mêlant sans se fondre encore aux populations locales désorientées. Constantinople, en réalité, se préoccupe de ses propres intérêts immédiats, lutte contre d’autres menaces sur ses flancs. Deux aires culturelles s’éloignent insensiblement l’une de l’autre. Les chrétiens, eux, se déchirent en querelles théologiques sur la vraie nature du Christ. A Ravenne, le roi ostrogoth Théodoric, sans doute brutal et mal dégrossi mais fasciné par le rayonnement durable d’une culture de l’écrit, règne sur la péninsule…
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Nous voulons tous mourir dans la dignité

Marie de Hennezel nous parle de son livre Nous voulons tous mourir dans la dignité

Jeudi La Procure : Marie de Hennezel

Archimandrite Tikhon

L’archimandrite Tikhon, supérieur du monastère Sretensky de Moscou, nous parle de son livre Père Rafaïl et autres saints de tous les jours paru aux éditions Des Syrtes

Père-Rafaïl-et-autres-saints-de-tous-les-jours

L’esprit des Lettres – mars 2013

Tournée dans la célèbre librairie du 6e arrondissement à Paris, l’émission l’Esprit des Lettres donne la parole à trois auteurs. Leur échange est ponctué par les chroniques des libraires de la Procure.

L’actualité du libraire

- Dictionnaire encyclopédique d’éthique chrétienne
- Saint Augustin, Une année avec saint Augustin
- Olivier Le Gendre, C’est une étrange aventure que de survivre
- Carlo Maria Martini, Je crois à la vie éternelle
- François-Marie Humann, Aimer comme Dieu nous aime
- Alain Noël, Le Notre Père échelle du Salut
- Éric Oudin, Philosopher avec les évangiles

L’auteur du mois

- Jean Honoré

- Julien Ries

Le coup de coeur

Yves Chiron, Histoire des conclaves

On ira tous au paradis

On ira tous au paradisOn aurait tort de voir comme une insolence facile On ira tous au paradisCroire en Dieu rend-il crétin ?, titre et sous-titre du bref essai que vient de publier Emmanuel Jaffelin, qui est professeur de philosophie. C’est un ouvrage réjouissant et très intelligent qui fait le point sur un sujet capital : la possibilité intellectuelle (ou non) d’être croyant aujourd’hui. Précisons d’emblée que l’auteur répond par l’affirmative.

L’essai se divise en trois parties intitulées « Dieu expire », « Dieu respire », « Dieu inspire ». Dans la première, il évoque les deux « putsch » qui ont tenté d’en finir avec lui. Le putsch des philosophes (qui n’est pas nouveau puisque il commence avec Thalès et se prolonge jusqu’à Marx, Nietzsche et Freud) ; plus récemment le putsch de la marchandise, qui prétend instaurer le paradis par la consommation (mais fait du même coup de chacun de nous un objet utilisable et consommable, y compris en chacun de ses organes).
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