Combien de disques passent inaperçus dans l’énorme production qui déferle dans les rayons. Et puis, au hasard des situations ou des rencontres, c’est l’étincelle, la surprise, l’inouï… Ainsi en est-il dans le rayon musique en ce moment, avec le Magnificat de J.-S. Bach.
Voici trois CD, trois versions différentes mais toutes de référence qui arrivent en même temps cette semaine…
Un peu d’histoire musicologique. L’oeuvre qui date de 1733 et que nous proposent ces 3 enregistrements est en fait une révision d’un magnificat composé en 1723, remaniement tant dans la longueur, rendue plus raisonnable, que dans l’orchestration, plus adaptée à un office de vêpres. Le deuil du prince électeur venait de s’achever, la musique pouvait donc reprendre dans la joie !
La première version proposée, c’est celle du Windsbacher Knabenchor et du Prager Kammerorchester sorti en 1999 sous la direction de K.-F. Beringer. (Prix : 18,50 euros)
Dix ans déjà et pas une ride, bien au contraire! Elle transmet une fraîcheur toute particulière ! Ne dévoilons pas le mystère dans l’immédiat.
Le lever de rideau se fait par trois motets, dont le célèbre Jesu, meine Freude BWV 227 et le grand motet funèbre Singet den Herrn ein neues Lied BWV 225, tous deux composés à Leipzig. L’originalité de cette version -peu connue- est d’avoir choisi les chemins lumineux d’une instrumentation orchestrale, comme Bach en laissait le choix, plutôt qu’une version plus austère ‘a capella’. Il est sincèrement impossible de rester insensible à la plénitude de la ligne mélodique du premier choral du motet Jesu meine Freude, dont la beauté rayonnante élève l’âme.
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Quelques secondes plus tard, les trois trompettes éclatent et vous ouvrent les horizons les plus larges sur un Magnificat resplendissant. On entre dans une grande clarté où les voix des enfants émerveillent. C’est magnifiquement léger et tellement bien conduit ! Une vraie lumière !
Elle reste notre préférée !
Les deux autres versions, elles, ont toujours été considérées comme des versions incontournables : celle de Gardiner, chez Philips en 1983 et celle de McCreesh, chez Archiv en 2000.
Osons quelques mots rapides sur chacune. La première allie la finesse à la virtuosité, ce qui ne va pas toujours ensemble. Mais là, ce n’est pas un hasard, car avec de tels musiciens, c’est la fusion complète! L’or sort du creuset. Combien de moments de grâce, où les solistes basse et ténor sont parfaits! Et que dire de la soprano Patrizia Kwella!
Cette oeuvre est couplée avec la Cantate 51.
La seconde, McCreesh, est couplée avec l’Oratorio de Pâques. Beaucoup d’énergie et d’allant. Cela déborde et vous remplit de joie! L’enregistrement étant fait à la tribune, l’orgue vient concerter naturellement avec les autres instruments. Quel tourbillon de vie, dans une des versions les plus rapides. Mais ici, rapidité ne rime pas avec précipitation.
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Un livret consistant accompagne chacun de ces CD.
Une opération à petit prix (8 euros 90), dans la limite des stocks disponibles, vous les propose toutes les deux dans nos rayons en ce moment.
Dominique Fournier
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Trois versions du Magnificat de J.-S. Bach
Magnificat en Ré majeur BWV 243
et 3 motets Singet dem Herrn ein neues Lied BWV 225
Komm, Jesu, komm BWV 229
Jesu, meine Freude BWV 227
Sous la direction de Karl-Friedrich Beringer, éditions Rondeau
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Magnificat en Ré majeur BWV 243
Cantate BWV 51
Monteverdi Choir et English Baroque Soloists
sous la direction de J. E. Gardiner, éditions Decca
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Magnificat en Ré majeur BWV 243
Oratorio de Pâques BWV 249
Gabrieli Consort et Gabrieli
sous la direction de Paul McCreesh, éditions Archiv

