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Fabrice Hadjadj, Le paradis à la porte

Fabrice Hadjadj nous parle de son livre « Le paradis à la porte : essai sur une joie qui dérange » :

Fabrice Hadjadj nous réveille ici encore, dénonçant notre scepticisme en matière de paradis : incrédulité, résistances, fausses idées, peurs… toutes causes probables d’un christianisme asséché. Encore faut-il concevoir avec justesse ce paradis promis, qui ne se laisse réduire ni à nos désirs aux contours trop terrestres, ni à nos rêves utopiques, ni à la consolation future de nos maux actuels. C’est à une joie plus large que la foi chrétienne nous convie, une joie offerte, une joie déjà sensible : le gout du paradis, c’est la pression de la joie, ici et maintenant.

Fabrice Hadjadj, Le paradis à la porte, essai sur une joie qui dérange, éditions du Seuil

Qu’est-ce que la vérité ?

Deux Fabrice, deux Fabrice philosophes, l’un catholique, l’autre bouddhiste. Fabrice Hadjadj et Fabrice Midal. Ils ont à peu près le même âge, la même aura. Ce livre est la transcription d’une rencontre-débat autour du thème de la vérité. Chacun a pris la parole séparément avant un échange. J’avoue avoir été ébloui par chacune des deux contributions qui, dans deux genres différents, allaient au cœur, sans concession. Hadjadj confesse un catholicisme radical, non au sens d’extrême, mais au sens de non édulcoré. Midal quant à lui, récuse la vague pseudo-orientaliste bobo qui fait la (fausse) fortune des magazines.

Je regrette un peu que le débat, par un défaut d’animation, et peut-être par un zeste de rivalité entre les deux jeunes philosophes, ait focalisé sur ce qui les distingue. Je ne dis par cela par relativisme (quelle horreur !) et je pense que la question de la personne est plus clairement abordée dans le christianisme que dans le bouddhisme, même si j’accepte être détrompé… Mais les deux Fabrice ont un niveau d’exigence qui place leur position au-dessus de ce que Chögyam Trungpa, que m’a fait connaître Midal, appelle (dans Pratique de la voie tibétaine) le matérialisme spirituel. C’est précisément ce mal là que dénonce Benoît XVI : une fausse spiritualité qui détourne de la contemplation de la vérité, qui loin de libérer emprisonne dans la recherche d’un bien-être qui confond spiritualité et sentimentalisme.

Lire les deux Fabrice, dans ce court volume, c’est prendre la mesure du fait qu’il est possible de s’élever au-dessus d’une bouillie pour chat qui est la base de l’alimentation cérébrale et spirituelle en libre service dans les grandes surfaces du prêt-à-penser. Et, si je me dis avec Fabrice, Hadjadj cette fois, qui est mon ami, que la question de la Vérité ne peut trouver sa solution ultime que dans le Christ qui est la vérité, je crois de plus en plus à la fécondité de ce dialogue entre traditions différentes qui, sous un certain angle, celui de la recherche du Vrai, convergent parfois pour le plus grand bonheur des hommes de bonne volonté.

François Maillot

Fabrice Hadjadj et Fabrice Midal, Qu’est-ce que la vérité ? Salvator