Christianisme | Littérature | Sciences humaines | Beaux-Arts | Musique & DVD | Vidéos

François Sureau, « J’ai longtemps détesté Ignace de Loyola »

Le nouvel ouvrage de François Sureau, publié comme d’habitude en collection blanche, décrit le récit de la conversion d’Ignace de Loyola, Inigo de son prénom basque castillanisé. C’est bien une histoire de conversion que nous conte Sureau, s’arrêtant au moment où Ignace, enfin en paix et purifié de son moi, est prêt à se lancer dans la fabuleuse aventure de la Compagnie de Jésus.

François Sureau nous plonge dans une descente aux abîmes de la conscience, au cœur des obscurités de la foi, dont, à la fin, Ignace sortira intégralement régénéré et trouvera la lumière.

Pour chacun d’entre nous Inigo peut être une balise sur un chemin de vie où chacun se débat pour retrouver en soi, derrière les crispations, les illusions et les blessures, l’accès à ce lieu de la conscience profonde où Dieu parle à ses créatures et les modèle. Un chef d’œuvre !

François Sureau, Inigo, Gallimard

Pour chacun d’entre nous Inigo peut être une balise

François Sureau est un écrivain français secret, just for happy few, dirions-nous si ce n’était un cliché et si nous ne visions pas, à notre modeste mesure, à le faire connaître plus largement encore. Couronné en 1992 par le grand prix du roman de l’Académie française pour l’Infortune, son deuxième roman, il nous a gratifiés de quelques pépites arrachées à une vie d’avocat, comme L’Obéissance, en 2008. Son nouvel ouvrage, publié comme d’habitude en collection blanche, décrit le récit de la conversion d’Ignace de Loyola, Inigo de son prénom basque castillanisé. C’est bien une histoire de conversion que nous conte Sureau, s’arrêtant au moment où Ignace, enfin en paix et purifié de son moi, est prêt à se lancer dans la fabuleuse aventure de la Compagnie de Jésus.

François Sureau nous plonge dans une descente aux abîmes de la conscience, au cœur des obscurités de la foi, dont, à la fin, Ignace sortira intégralement régénéré et trouvera la lumière.

Loin des apories de tant d’hagiographies, Sureau nous raconte une histoire rude, violente et radicale. Il nous dit aussi combien au fond, on ne change pas. La conversion ce n’est pas endosser tout à coup un vêtement que l’on plaquerait sur ses épaules, comme un costume plus ou moins mal taillé.

Ignace reste Ignace et Dieu vient le chercher tel qu’il est par le moteur de l’orgueil, dans l’illusion des codes de la chevalerie.  Mais, en restant ce qu’il est, cet homme que Dieu a créé avec ce tempérament là, dans ce contexte là, Ignace, petit à petit, en descendant au cœur de son ego, va réorienter tout son être dans le sens profond de ce qui fait la liberté humaine : le consentement à être ce pour quoi Dieu l’a créé, conscient de n’être jamais plus et mieux Ignace qu’en s’appliquant à ne jamais faire écran à la volonté de Dieu en lui.

Servi par une langue d’une tenue exceptionnelle, d’un classicisme de feu, ce texte a constitué pour le lecteur que je suis une aventure spirituelle proprement bouleversante. Pour chacun d’entre nous Inigo peut être une balise sur un chemin de vie où chacun se débat pour retrouver en soi, derrière les crispations, les illusions et les blessures, l’accès à ce lieu de la conscience profonde où Dieu parle à ses créatures et les modèle. Un chef d’œuvre !

François Maillot

François Sureau, Inigo, Gallimard