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L’énigme du Suaire

Jusqu’au 23 mai prochain, deux millions de visiteurs sont attendus à Turin pour l’ostension du Saint-Suaire. Une bonne occasion de reposer la question : cette bande de lin est-elle l’authentique linceul qui a servi à ensevelir le Christ ? Des dizaines de livres ont tenté d’éclaircir le mystère. L’ouvrage que publie l’Anglais Ian Wilson présente le mérite de faire le point à partir des derniers développements scientifiques et historiques sur le sujet.

Fantastique énigme que le Saint-Suaire ! Attesté en Europe en 1357, conservé à Turin depuis 1578, il pourrait être le Mandylion, une représentation de Jésus qui était visible à Édesse (aujourd’hui Urfa, en Turquie) au IVe siècle, et qui passait déjà pour une relique incontestable. En 1988, les résultats d’une analyse au carbone 14 ont conclu que le Suaire était un faux, fabriqué au Moyen Age. Le problème, c’est que pour commettre leur mystification, les supposés faussaires ont dû recourir à des connaissances en anatomie, en pathologie, en anthropologie, en ethnologie et en archéologie qui n’existaient pas à leur époque. En 2005 et en 2008, des responsables de la datation au carbone 14 de 1988 ont confessé que leurs analyses avaient pu être faussées…

Reprenant l’ensemble du dossier, Wilson montre que l’homme du Suaire était un Sémite âgé de 30 ans, et qu’il est mort supplicié dans des conditions qui correspondent exactement au récit de la passion de Jésus. Avec prudence, l’auteur ne tire aucune conclusion définitive, car les recherches continuent. Jean-Paul II qualifiait le Saint-Suaire de « provocation à l’intelligence ». Justement, ce livre fait appel à l’esprit critique du lecteur.

Jean Sévillia

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