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Jean-Pierre Denis, éloge d’une contre-culture : le christianisme

Jean-Pierre Denis, Pourquoi le christianisme fait scandale : éloge d’une contre culture, Seuil

Jean-Pierre Denis présente son nouveau livre : « Pourquoi le christianisme fait scandale, éloge d’une contre culture », paru en septembre 2010 aux Éditions du Seuil.

Jean-Pierre Denis dirige la rédaction de l’hebdomadaire La Vie. Il participe comme chroniqueur ou comme invité à de nombreuses émissions de radio ou de télévision. Journaliste, écrivain et poète, il a publié Nos enfants de la guerre (Seuil, 2002) et Dans l’éblouissant oubli (Ad Solem, 2010).

Pourquoi le christianisme fait scandale est un « état des lieux du christianisme qui face à la généralisation d’une vision marchande des échanges humains, se trouve dans la situation paradoxale de pouvoir sauver les valeurs au nom desquelles il avait été combattu : droits de l’homme, individu, humanisme. »

Vivent les poètes !

Jean-Pierre Denis, Dans l’éblouissant oubli. Poèmes, Ad Solem.

Je me souviens avoir entendu un éditorialiste, fort renommé et  toujours bien en cour, flinguer allègrement un de nos hommes politiques en fulminant devant les caméras : «  L’idée de voir un poète à l’Elysée est tout simplement effrayante ! » J’aurais, moi, tendance à trouver absolument « effrayant » ce type d’argument proclamé par un de ces soi-disant monstres sacrés de la scène médiatique. Ils n’ont en vérité de sacré – dans le sens familier de l’adjectif ! -  que leur présomption désolante. Cette appréciation lapidaire dit bien en tout cas dans quelle pitié condescendante on tient dans un certain gotha parisien, la poésie et les poètes.  « Pitié pour eux ! » doivent rugir dans leurs caveaux les Hugo, Lamartine et Senghor et tant d’autres qui, pour avoir été en leur temps de grands seigneurs de la politique, n’en furent pas moins des princes éclairés de la poésie.

Faisons donc la nique à ces « éditocrates » de malheur ! Profitons de l’été, pour lire des poètes d’hier et d’aujourd’hui. Nous avons l’embarras du choix. Mais parmi ceux d’aujourd’hui, arrêtons-nous au premier recueil de poèmes publié par Jean-Pierre Denis. Pourquoi ? D’abord, ce n’est pas tous les jours qu’un journaliste, un directeur de journal, met son « cœur à nu », comme disait Baudelaire. Dire cela, ce n’est pas saluer je ne sais quel courage, mais c’est plutôt rendre grâce aux muses d’avoir protégé les éblouissements intimes du journaliste de la grêle incessante d’informations qu’il doit journellement affronter au risque de s’aveugler. Ensuite ce recueil dévoile, à mon sens, l’identité profonde de son auteur : celle d’un contemplatif de l’instant passager et oubliable : car, « tout instant est envahi » écrit-il à sa façon ciselée des voyants insatiables.

Avec Jean-Pierre Denis, on marche « parmi les hautes herbes », on surprend dans une futaie un « ballet de biches en désordre », on s’éprend d’un « froissement d’oiseaux »… Comme Chateaubriand, son écrivain favori, Denis célèbre la Création dans laquelle il scrute la main du Créateur. Cette promenade n’est pourtant pas celle d’un panthéiste. Alors ? Elle est la marche d’un frondeur spirituel : d’un homme du Sud qui s’insurge contre « l’obscurité qui nous dévore » ; celle qui nous suit dans la vallée des larmes où dévalent nos morts, petites et grandes, nos peurs, nos leurres et nos malheurs… « Soyez des héros » pour « enjamber les fleuves », « tutoyer les falaises » lance Jean-Pierre Denis à ses lecteurs. J’aime cette oriflamme de l’espérance déployée devant nos yeux fatigués. J’aime ce cri d’insurrection de l’âme qui n’est pas sans rappeler la verve d’un certain Maurice Clavel !

Vivent les poètes ! Ils n’ont pas leur pareil pour réveiller « la banalité de notre sommeil » et glisser à notre oreille distraite : « Engage ta floraison » !

Michel Cool

Dans l’éblouissant oubli… Ce titre, d’une merveilleuse sonorité

Jean-Pierre Denis, Dans l’éblouissant oubli, Ad Solem

Il est toujours extrêmement difficile de parler de la poésie. De la décrire aux autres lorsque l’on en revient. C’est qu’elle consiste précisément dans la communicabilité paradoxale et miraculeuse de ce qui demeure incommunicable par vocation :

La maison que nul n’habite est mon poème (p. 50)

Ce n’est pas sans un extrême respect que l’on accède à l’univers et au temps intérieur d’un autre homme qui a osé des mots, comme des traces de ce qu’il sait, lui, à tâtons, et que nous ne pouvons que deviner de plus loin encore. À dire vrai, l’on ne recense pas un recueil de poèmes : l’on y invite. Je ne voudrais me faire ici que le frère-portier. Car si la « maison » demeure inhabitable en son plus intime mystère, inaccessible quant à ce qui a décidé, tout bas, de sa construction, elle n’en est pas moins là, désormais ouverte pour nous. Toujours est-il que le portier ne prétend donner aucune clef. Il lui est inutile, aussi, de faire des éloges. Indiquer une œuvre poétique sur la voie publique est dire assez – la pudeur répondant à la pudeur – l’estime extrême que l’on en a.

Dans l’éblouissant oubli… Ce titre, d’une merveilleuse sonorité, est déjà une invitation, une illumination pour qui l’entend. Tout simplement extrait du poème Retraite, à peu près au milieu du recueil (p. 46), il semble résumer dans ses syllabes le travail de mémoire qui est à l’œuvre en tout cet ouvrage ainsi que la lumière dans laquelle – vers laquelle il chemine. En filigrane des trois grandes unités poétiques qui composent l’ensemble (Pays de la disparue, Dans l’éblouissant oubli, Ceux-là) l’on discerne une épreuve très secrète, celle qui s’éprouve, au-delà de la vie, pour celle qui est nommée de façon récurrente la disparue (p. 51, 67, 95), mais aussi, comme en deçà de la vie, pour ceux qui n’avaient  pu naître (p. 71, 91), ceux qui peuplent l’arrière du temps (p. 30). C’est donc sur le fond de ce vaste pays de l’ombre que se détache, pas à pas modeste de poème, la lumière. Une lumière qui vient, comme à son ordinaire, du rez-de-chaussée des choses :

Cette rosée naïve aux feuilles vernissées
Quand ils chantent sur l’échelle de l’aube
Leur voix a des pudeurs de violette (p. 32)

Peut-être est-ce parce que (par bonheur) nous ne faisons que côtoyer le bonheur (cf. p. 33), que le poème, si urgent, possède une telle grâce de délivrance (p. 41). Le pèlerinage vers l’aubier même de la parole (p. 75) – n’est-ce pas cela, la poésie ? – culmine, ou plutôt s’éblouit au matin de Pâques, une Pâque récente où l’encre du dernier poème brille encore, toute fraîche, dans l’attente que naisse une langue nouvelle (p. 97), dans la fragile rencontre de la lumière née avant la première étincelle des matins (p. 49). Bref – et c’est assez dire pour ne pas froisser le silence que le recueil appelle – de cette mi-voix perpétuelle de l’expérience humaine et des mots qui tâchent de la dire, Jean-Pierre Denis, trappeur d’obscurité (p. 31), a su faire entendre, pour nous l’offrir, un fruit d’une étonnante maturité.

Jeunesse du poème    verdeur ô douloureuse
D’une aube encore enclose    notre vie
Ce temps où nous étions si proches du bonheur.

fr. François Cassingena-Trévedy, osb

A propos de l’affaire des Légionnaires du Christ

Le scandale des Légionnaires du Christ est le plus grand qu’ait connu l’Église depuis, disons, l’époque où l’on trafiquait les indulgences. Il mêle à peu près tout ce qu’il y a de plus grave : corruption passive jusque dans le collège des ­cardinaux, plagiat, omertà, abus sexuels, abus de confiance, détournement de la confession, recherche obscène et obstinée de l’argent et de l’influence. Le tout cimenté par un piétisme ostentatoire.

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L’éditorial de Jean-Pierre Denis sur la burka

Connaissez-vous un coin de campagne particulièrement protégé des vents dominants, un petit paradis printanier où l’on ait réussi à se tenir à l’écart de cette histoire de femme voilée qui conduit, de gendarme zélé qui verbalise, de mari réputé polygame et de ministre soudain fort diligent pour défendre la République en danger ?

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