Cet extrait du livre de Vincent Cronin « Matteo Ricci, le sage venu de l’Occident » relate le périple d’un Compagnon de Ricci, le Père Valignano :
Le Père Valignano mourut à Macao le 20 janvier 1606, à l’âge de 66ans.
Lorsqu’il avait débarqué à Goa en 1574, le Japon ne comptait que vingt jésuites européens et un seul prêtre indigène, et les portes de la Chine demeuraient closes. A sa mort, le Japon se vantait de p
osséder 130 missionnaires et plus de deux cent cinquante mille chrétiens. Il avait fondé deux collèges florissants et jeté les bases de deux autres, moins importants ; une maison des novices ; deux séminaires pour les japonais ; une vingtaine de maisons et trois cents églises ou chapelles. Pendant trente ans il avait enjambé l’Asie, tel un nouveau colosse, de l’Océan Indien à la Mer de Chine. Bravant les typhons et la peste, la chaleur tropicale et la mousson, manquant d’hommes et d’argent, il n’avait cessé de voyager, de construire, de fortifier, d’organiser, d’encourager… Tous ceux qui l’approchaient voyaient en lui un digne successeur de François-Xavier.
A la nouvelle de sa mort, on prit le deuil de Mozambique à Nagasaki, de la Cour du Grand Mogol à Malacca. Mais personne ne ressentit davantage sa disparition que Ricci … Pendant 23 ans, ils avaient collaborés, tous deux fermement convaincus, à une époque où de telles idées paraissaient subversives,
que l’Eglise devait déposer son épée et s’approcher en toute humilité des peuples d’Orient ; que ses prêtres devaient apprendre avant d’enseigner ; que la Compagnie de Jésus devait ouvrir ses rangs aux convertis d’Orient.
Vincent Cronin, Matteo Ricci, le sage venu de l’Occident.


